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Sommaire :

 

 

ÉDITORIAL : Nicolas Sarkozy à Toulon - Mercredi 7 février 2007

VIE DU CLUB :

A – La Communauté méditerranéenne de la connaissance et des compétences : CMC2

B – Union Méditerranéenne

C – Le Club de Marseille engage une réflexion sur  l’Union Méditerranéenne

1 - ÉVÉNEMENTS

11 –  1er Salon des énergies renouvelables et solutions énergétique en région PACA

12 - Migrations en Méditerranée

13 - COLLOQUE « LA COOPERATION INTERUNIVERSITAIRE DANS LE CADRE DU PARTENARIAT EURO-MEDITERRANEEN

14 - Programme du Festival International du Documentaire de Marseille

15 – La question des ressources halieutiques mondiales et méditerranéennes

16 – Identités et altérités

17 - Entreprise tunisienne et partenariat étranger

18 - LA GUEULE DE L’EMPLOI

19 - Petit-déjeuner du Club Local d'Intelligence Economique

2 - ÉCONOMIE

21 – La Banque mondiale accorde au Maroc un prêt de 100 millions de dollars pour soutenir la réforme du secteur de l'eau

22 - L’Algérie, un pays d’opportunités pour les investisseurs

23 - Port Autonome de Marseille - Trafic avril 2007

24 - Regard de la Banque mondiale sur l’Algérie

25 - La Tunisie vue par l'OCDE : La convertibilité du Dinars n'arrivera pas avant 2010 !

26 - Une usine de montage automobile en Algérie à l’horizon 2015

27 - Le risque-pays Maroc vu par l'AFD

28 - La Tunisie à l'assemblée générale annuelle de l'Union Méditerranéenne des Confédérations d'Entreprise

29 -  Le français CMA CGM a acquis au Maroc le groupe marocain Comanav

29/1 - Contrat de Projets Etat-Région 2007-2013

3 - GÉOPOLITIQUE

31 - Contrat de coopération technique entre l’Algérie et la France

32 - Le projet d'une union méditerranéenne

33 - Maroc: Sarkozy fait le pari de l'union de la Méditerranée

34 - Algérie : "Le peuple immature"

35 - Dans des messages de SM le Roi à MM. Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac

36 - Babelmed, le site des cultures méditerranéennes

4 - SOCIÉTÉ

41 – Un diplôme iconoclaste sur un site exceptionnel à Marseille

42 - Pour financer ses opérations terroristes en Algérie, le GSPC

43 - 3 Marocaines parlent de la condition féminine au Maroc

44 - Euromed Marseille, la croissance à grands pas

45 - Tunisie: Chaire Ben Ali - Colloque international «La raison et la foi pour un monde solidaire»

46 – LE PARI TOURISTIQUE DE MARSEILLE

47 - Pour Marseille, la facture d'eau va être très salée

48 - Mémoire des migrations en Méditerranée

49 – La société civile en Algérie, un mythe aujourd’hui, une réalité demain

49/1 - Marseille traumatisée par les mouvements sociaux

5 – EUROMED

51 - Instrument européen de voisinage et de partenariat

52 - L'idée de bâtir une « Union Méditerranéenne » a été évoquée pour la première fois au Maroc

53 - Conférence Ministérielle FEMIP de Chypre

54 - L’Algérie est-elle prête à accueillir Sarkozy ?

55 - L’Union méditerranéenne : priorité de la Présidence française de l’Union ?

56 - Instrument Européen de Voisinage et de Partenariat (IEVP)

57 - Le partenariat euroméditerranéen en panne

58 - France et Italie vont se pencher sur l'Union de la Méditerranée

59 - FORUM MÉDITERRANÉEN

59/1 - MEDITERRANEE AUDIOVISUELLE

6 – CULTURE

61 - Goûts. La production originaire de la région bénéficie désormais d'une appellation d'origine contrôlée.

62 - Dictionnaire étymologique des mots français venant de l’arabe, du turc et du persan

7 – HISTOIRE

8 – SCIENCES & TECHNOLOGIES

81 - Rencontre internationale des jeunes chercheurs de la Méditerranée  

9 – OPINIONS

91 - Abdelaziz Belkhadem : "Des crimes commis par des lâches qu'il faut combattre"

92 - M comme Marseille

93 - Donner du temps pour les chômeurs

 


 

ÉDITORIAL : Nicolas Sarkozy à Toulon - Mercredi 7 février 2007

Avertissement : La reprise de ces extraits n’est pas partisan, mais permet de mieux comprendre le concept d’Union Méditerranéenne.

Extraits du discours

……………………….

Dans Toulon, vieille ville provençale tournée vers la mer, je suis venu dire aux Français que leur avenir se joue ici, en Méditerranée.

 

Ici où tout a commencé, au bord de cette mer qui ne mène pas à des terres inconnues mais aux rivages familiers vers lesquels depuis des millénaires nous tournons nos regards et nos pensées à chaque fois que nous rêvons d’une certaine idée de l’homme et de la civilisation.

 

La Méditerranée est pour nous tous, même quand nous n’y avons jamais vécu, un souvenir d’enfance où se mélangent des dieux de l’Egypte et de la Grèce, des chevaliers des Croisades, de vieux temples en ruines, des sensations de chaleur sèche, de lumière éblouissante, de senteurs entêtantes, de joie de vivre, et sur fond de mer et de ciel bleu des tragédies terribles, pleines de sang et de fureur, de haines inexpiables, d’une violence archaïque que le long travail des civilisations n’a pas réussi à éteindre.

Quand on évoque tout ce qui constitue notre conception de la personne humaine dans sa dimension intellectuelle comme dans sa dimension morale et spirituelle, tous nos regards se tournent vers la Méditerranée qui nous a tout enseigné. Nous sommes les enfants de l’Egypte, de la Grèce, d’Israël, de Rome, de Venise, de Florence, de Séville. Nous sommes tous les enfants de Socrate condamné à mort pour avoir perverti la jeunesse athénienne, d’Alexandre éternellement jeune et de son rêve grandiose d’un empire universel unissant l’Orient et l’Occident, d’Auguste faisant tous les soirs sa prière à tous les dieux de l’empire, d’un humble Juif crucifié pour avoir enseigné aux hommes à s’aimer les uns les autres.

Quand je pense à la Méditerranée, je pense à l’homme européen qu’elle a fait naître. Je pense à cette part de moi-même, à cette part de chaque Français, de chaque Européen, qui donne le sentiment, face à la Méditerranée, d’un retour à la source, à l’origine de sa propre pensée, de sa propre identité.

Je pense aussi à cette part de moi-même qui me fait me sentir chez moi quel que soit le pays, quel que soit le rivage qu’elle baigne.

Nous sommes aussi les enfants de Cordoue et de Grenade, les enfants des savants arabes qui nous ont transmis l’héritage des anciens Grecs et qui l’ont enrichi.

Nous tous, Juifs, chrétiens, musulmans, non croyants, nous sommes les héritiers d’un même patrimoine de valeurs spirituelles qui donne à nos dieux et à nos civilisations tant de ressemblances.

Je pense au Dieu du père Christian, le prieur de Tibhirine assassiné par le GIA, dont la joie secrète sera toujours d’établir la communion avec les enfants de l’Islam et de rétablir la ressemblance en jouant avec les différences.

Je pense à la prière de Notre-Dame d’Afrique à Alger : « Priez pour nous chrétiens et pour les musulmans ».

Je pense à Jérusalem, la ville sainte de tous les croyants, qui devrait être pour tous les hommes le symbole de la tolérance et de l’amour et que l’histoire a vouée à la souffrance et aux malheurs.

Je pense au dialogue si fécond jadis, si nécessaire et pourtant si difficile, entre la chrétienté et la civilisation musulmane.

Je pense à cette nouvelle Renaissance si nécessaire sur les deux rives de la Méditerranée et pour tous les hommes, et que nous devons accomplir ici, à la charnière du Nord et du Sud, de l’Orient et de l’Occident.

Notre grand tort est d’avoir longtemps, trop longtemps, tourné le dos à la Méditerranée.

Le drame algérien, l’occultation du passé colonial, la mode de la repentance ont contribué à nous rendre étrangers à ce qui avait été si longtemps et si naturellement un prolongement de nous-mêmes.

Que tous nos regards se soient tournés exclusivement vers le Nord et vers l’Est, que le Sud ainsi fût oublié intellectuellement, culturellement, moralement, politiquement, économiquement, que la Méditerranée cessât d’être un lieu d’où jaillissait pour nous la richesse, la culture et la vie, qu’elle cessât de représenter une promesse pour ne plus constituer qu’une menace, n’est pas pour rien dans la crise d’identité et la crise morale que nous traversons.

Il faut dire les choses comme elles sont : en tournant le dos à la Méditerranée, l’Europe et la France ont cru tourner le dos au passé. Elles ont en fait tourné le dos à leur avenir. Car l’avenir de l’Europe est au sud.

Le rêve européen a besoin du rêve méditerranéen. Il s’est rétréci quand s’est brisé le rêve qui jeta jadis les chevaliers de toute l’Europe sur les routes de l’Orient, le rêve qui attira vers le sud tant d’empereurs du Saint Empire et tant de rois de France, le rêve qui fut le rêve de Bonaparte en Egypte, de Napoléon III en Algérie, de Lyautey au Maroc. Ce rêve qui ne fut pas tant un rêve de conquête qu’un rêve de civilisation.

Cessons de noircir le passé. L’Occident longtemps pécha par arrogance et par ignorance. Beaucoup de crimes et d’injustices furent commis. Mais la plupart de ceux qui partirent vers le Sud n’étaient ni des monstres ni des exploiteurs. Beaucoup mirent leur énergie à construire des routes, des ponts, des écoles, des hôpitaux. Beaucoup s’épuisèrent à cultiver un bout de terre ingrat que nul avant n’eux n’avait cultivé. Beaucoup ne partirent que pour soigner, pour enseigner. On peut désapprouver la colonisation avec les valeurs qui sont les nôtres aujourd’hui. Mais on doit respecter les hommes et les femmes de bonne volonté qui ont pensé de bonne foi œuvrer  utilement pour un idéal de civilisation auquel ils croyaient. Il faut respecter ces milliers d’hommes et de femmes qui toute leur vie se sont donné du mal pour gagner par eux-mêmes de quoi élever leurs enfants sans jamais exploiter personne et qui ont tout perdu parce qu’on les a chassés d’une terre où ils avaient acquis par leur travail le droit de vivre en paix, une terre qu’ils aimaient, parmi une population à laquelle les unissait un lien fraternel.

Je veux le dire à tous les adeptes de la repentance qui refont l’histoire et qui jugent les hommes d’hier sans se soucier des conditions dans lesquelles ils vivaient, ni de ce qu’ils éprouvaient.

Je veux leur dire : de quel droit les jugez-vous ?

Je veux leur dire : de quel droit demandez-vous aux fils de se repentir des fautes de leurs pères, que souvent leurs pères n’ont commises que dans votre imagination ?

Je veux leur dire : n’avez-vous donc jamais été émus par la voix de Camus parlant pour tous ceux qui allaient devoir quitter la terre de leur enfance ? « j’ai aimé avec passion cette terre où je suis né, j’y ai puisé tout ce que je suis et je n’ai jamais séparé dans mon amitié aucun des hommes qui y vivent, de quelque race qu’ils soient. Bien que j’aie connu et partagé les misères qui ne lui manquent pas, elle est restée pour moi la terre du bonheur, de l’énergie et de la création. »

A tous ceux d’entre vous qui sont revenus des colonies en ayant tout abandonné, n’emportant avec eux que leurs souvenirs de jeunesse et cette nostalgie qui ne les quittera plus jamais, je veux dire que si la France a une dette morale, c’est d’abord envers eux.

Aux enfants des harkis qui ont servi la France, qui ont dû fuir leur pays et que la France a si mal accueillis, je veux dire que si la France doit des excuses et des réparations, c’est à eux qu’elle les doit.

A tous les anciens combattants de nos anciennes colonies, je veux dire la reconnaissance de la France et je veux rendre hommage à Jacques Chirac de leur avoir rendu justice.

Aux Algériens, aux Marocains, aux Tunisiens, à tous les ressortissants de nos anciennes colonies qui espérant dans la France sont venus y vivre, je veux que la France tende la main, qu’elle les accueille fraternellement, qu’elle ne leur offre pas la repentance mais la compréhension et le respect.

A celui qui veut devenir Français, d’où qu’il vienne, je veux qu’elle offre l’égalité des droits et des devoirs et la fierté d’être Français.

Mais je lui dis aussi qu’il doit prendre en partage l’histoire de France, qu’il doit accepter que le pays dans lequel il vient soit un vieux pays qui a commencé d’exister bien avant lui. Il doit comprendre que ce pays est un pays de liberté qui demande simplement qu’on le respecte et qu’on l’aime.

 

Je souhaite qu’on ne puisse pas vivre en France sans respecter sa culture et ses valeurs. Je souhaite qu’on ne puisse pas s’installer durablement en France sans se donner la peine d’écrire et de parler le Français. Et à ceux qui veulent soumettre leur femme, à ceux qui veulent pratiquer la polygamie, l’excision ou le mariage forcé, à ceux qui veulent imposer à leurs sœurs la loi des grands frères, à ceux qui ne veulent pas que leur femme s’habille comme elle le souhaite je dis qu’ils ne sont pas les bienvenus sur le territoire de la République française. A ceux qui haïssent la France et son histoire, à ceux qui n’éprouvent envers elle que de la rancœur et du mépris, je dis aussi qu’ils ne sont pas les bienvenus.

 

A tous les peuples de la Méditerranée qui passent leur temps à ressasser le passé et les vieilles haines de jadis, je veux dire que le temps est venu de regarder vers l’avenir.

Beaucoup d’entre vous sans doute se souviennent du beau poème de Victor Hugo sur l’enfant grec de l’île de Chio ravagée par la guerre, qu’on apprenait jadis à l’école. Rappelez-vous : « Ami, dit l’enfant grec, dit l’enfant aux yeux bleus, je veux de la poudre et des balles. »

Quand l’enfant grec cessera de détester l’enfant turc, quand l’enfant palestinien cessera de haïr l’enfant juif, quand l’enfant chiite cessera de maudire le sunnite, quand l’enfant chrétien tendra la main à l’enfant musulman, quand l’enfant algérien ouvrira les bras au Français, quand l’enfant serbe deviendra l’ami du Croate, la Méditerranée redeviendra le plus haut lieu de la culture et de l’esprit humain et elle pèsera de nouveau sur le destin du monde. Nos enfants ne sont pas condamnés pour l’éternité à la vengeance et à la haine. La Méditerranée doit faire pour elle-même ce que fit l’Europe après deux guerres qui avaient failli l’anéantir.

Ce que la France et l’Allemagne ont réussi à faire, les pays méditerranéens doivent pouvoir le faire aussi. Ils ne le feront pas en exigeant de chacun l’expiation de son histoire. La France n’a pas dit à l’Allemagne : « expiez d’abord, nous verrons après ».

Le moment est venu de dire à tous les enfants de la Méditerranée, comme le général de Gaulle à la jeunesse allemande : « soyez fiers d’être les enfants de grands peuples qui ont parfois, au cours de leur histoire, commis de grandes fautes et qui ont apporté au monde des trésors de pensée, d’art et de science ».

Votre avenir vous appartient, il est dans l’estime, la confiance, l’amitié mutuelles que vous vous témoignerez les uns aux autres.

Le temps est venu non de l’oubli, mais du pardon.

Le temps est venu non de réclamer vengeance une fois encore, mais d’aimer la vie tout simplement.

 

Il faut regarder la Méditerranée à l’aune de la mondialisation. La mondialisation est un fait. Un fait aussi plein d’espoir que lourd de menaces.

Alors qu’une partie de l’humanité s’arrache à la misère, une autre s’enfonce dans la pauvreté.

Refuser de voir la détresse au milieu de l’abondance, oublier la misère matérielle et morale de l’ouvrier du Tiers-Monde exploités jusqu’au bout de leurs forces, et derrière les succès, ne pas regarder les inégalités, la violence et le pillage des ressources naturelles, c’est se condamner à ne pas comprendre que la mondialisation doit être abordée comme un problème de civilisation et pas seulement comme un problème économique.

La mondialisation c’est la croissance économique mondiale plus forte que jamais. C’est aussi le réchauffement climatique et des milliers de pauvres gens qui s’entassent dans des pirogues pour traverser la mer.

La mondialisation c’est les droits de l’homme et la démocratie. C’est aussi le terrorisme et le fanatisme religieux.

La mondialisation c’est l’ouverture des frontières. C’est aussi les murs qui un peu partout s’élèvent pour séparer les peuples.

La mondialisation c’est l’avènement de la première civilisation mondiale. C’est aussi la plus grande menace qui ait jamais pesé sur la diversité culturelle.

La mondialisation c’est la raison trop sûre d’elle-même qui provoque le retour en force de l’irrationnel et de l’obscurantisme.

La mondialisation c’est l’occidentalisation du monde confrontée au rejet de l’Occident.

On ne peut pas continuer de répondre à la souffrance sociale, à la détresse morale, à des angoisses légitimes : « c’est triste mais on n’y peut rien ».

On ne peut pas continuer de répondre à l’angoissante question de l’avenir que dans l’interdépendance des nations, entre la montée en puissance du client et de l’actionnaire, au milieu du va-et-vient incessant des capitaux et des marchandises, le marché est tout et la politique rien.

Je n’accepte pas cette idée.

L’accepter c’est faire le lit de tous les extrémismes et de tous les fanatismes.

L’accepter c’est accepter que la mondialisation soit le nouveau nom de la fatalité.

Seule la politique peut mettre la mondialisation au service de l’homme. Seule la politique peut prévenir la révolte de l’homme contre une mondialisation dont il a le sentiment qu’elle l’asservit au lieu de le libérer.

L’avenir n’est écrit nulle part.

Le pire serait de subir.

La politique n’est impuissante que lorsqu’elle ne veut rien.

Avons-nous assez pris conscience que la tragédie de la mondialisation se joue pour nous Européens, pour nous Français, d’abord en Méditerranée?

A cet endroit et à ce moment précis où le choc des civilisations devient une menace réelle pour l’humanité, là, autour de cette mer baignée de lumière où depuis deux mille ans la raison et la foi dialoguent et s’affrontent, là sur ces rivages où l’on mit pour la première fois l’homme au centre de l’univers, là se joue une fois encore notre avenir.

Là si nous n’y prenons garde les valeurs communes à toutes les civilisations dont nous sommes les héritiers perdront la bataille de la mondialisation. Là nous pouvons tout gagner ou tout perdre. Nous pouvons avoir la paix ou la guerre, la meilleure part de la civilisation mondiale ou le fanatisme et l’obscurantisme, le dialogue des cultures le plus fécond ou l’intolérance et le racisme, la prospérité ou la misère. Dans le monde se dessinent de vastes stratégies continentales qui enjambent les hémisphères. Entre le continent américain d’un côté et l’Asie de l’autre, la géographie de la mondialisation pousse l’Europe à imaginer une stratégie euro-africaine dont la Méditerranée sera fatalement le pivot.

Il ne s’agit pas de faire seulement du bassin méditerranéen un pont entre le Nord et le Sud. Il s’agit d’en faire un foyer de paix, de culture, de démocratie, de développement durable d’où naîtra dans le creuset des siècles et des civilisations le destin commun de l’Europe, du Moyen-Orient et de l’Afrique. L’Amérique et la Chine ont déjà commencé la conquête de l’Afrique. Jusqu’à quand l’Europe attendra-t-elle pour construire l’Afrique de demain ? Pendant que l’Europe hésite, les autres avancent. La mondialisation n’attendra pas que l’Europe se décide enfin à en être un acteur et pas seulement à la subir.

 

Le dialogue Euro-Méditerranée imaginé il y a 12 ans à Barcelone n’a pas atteint ses objectifs. L’échec était prévisible dès lors que la priorité de l’Europe était à l’est. L’échec était prévisible dès lors que le commerce avait pris seul le pas sur tout le reste alors que c’était la coopération qui aurait dû être la priorité absolue. L’échec était prévisible dès lors qu’il s’agissait une fois de plus de faire dialoguer le Nord et le Sud, en perpétuant cette frontière invisible qui depuis si longtemps coupe en deux la Méditerranée et en continuant d’opposer ses deux rives au lieu de les unir.

Le dialogue entre l’Europe et la Méditerranée est capital. Mais il ne peut pas réussir s’il s’agit seulement de faire dialoguer l’Union Européenne avec l’Afrique du Nord. Je propose que l’on prenne le problème autrement. C’est d’abord aux pays méditerranéens eux-mêmes de prendre en main la destinée que la géographie et l’histoire leur ont préparée. C’est à la France, européenne et méditerranéenne à la fois, de prendre l’initiative avec le Portugal, l’Espagne, l’Italie, la Grèce et Chypre, d’une Union Méditerranéenne comme elle prit jadis l’initiative de construire l’Union européenne. Cette Union Méditerranéenne aura vocation à travailler étroitement avec l’Union Européenne. Elle aura vocation un jour à avoir avec elle des institutions communes parce que la Méditerranée et l’Europe auront pris conscience que leurs destins sont liés.

C’est dans la perspective de cette Union Méditerranéenne qu’il nous faut envisager les relations de l’Europe et de la Turquie. Car l’Europe ne peut pas s’étendre indéfiniment. L’Europe si elle veut avoir une identité doit avoir des frontières et donc des limites. L’Europe si elle veut avoir une puissance ne peut pas se diluer sans cesse. L’Europe si elle veut pouvoir fonctionner ne peut pas s’élargir sans arrêt. La Turquie n’a pas sa place dans l’Union Européenne parce qu’elle n’est pas un pays européen. Mais la Turquie est un grand pays méditerranéen avec lequel l’Europe méditerranéenne peut faire avancer l’unité de la Méditerranée. C’est la grande ambition commune que je veux proposer à la Turquie.

C’est dans la perspective de cette Union Méditerranéenne qu’il nous faut repenser ce qu’on appelait jadis la politique arabe de la France,

C’est dans la perspective de cette Union Méditerranéenne qu’il nous faut approcher le problème de la paix au Moyen-Orient et chercher une issue au conflit israélo-palestinien.

 

L’union de la Méditerranée pourrait s’organiser autour d’une rencontre périodique de ses chefs d’Etats et de gouvernements comme les grands pays industrialisés ont leur G8. Elle aurait un Conseil de la Méditerranée comme l’Europe a le Conseil de l’Europe.

Un système de sécurité collective lui permettrait de garantir la paix autrement que par la course aux armements et l’intimidation.

Si je suis élu, la France consacrera à la sécurité collective en Méditerranée des moyens d’intervention accrus. Elle y augmentera notamment ses moyens aériens et ses moyens maritimes, parce que j’ai la conviction que c’est son devoir, que c’est son intérêt, que sa sécurité en dépend, et parce que je crois à la vocation maritime de la France.

 

C’est dans la perspective de cette Union Méditerranéenne qu’il nous faut concevoir l’immigration choisie, c'est-à-dire décidée ensemble, organisée ensemble, maîtrisée ensemble.

C’est parce que j’aime la France, parce que je sais qu’elle est notre bien le plus précieux, parce que la France partage avec tous les pays de la Méditerranée le même idéal humain, parce qu’autour de la Méditerranée, au-delà de toutes les différences, tous les hommes ont au fond en commun le même humanisme que nous pouvons, que nous devons regarder tous ensemble en face la question de l’immigration.

C’est parce que l’immigration non maîtrisée est une catastrophe pour les pays de départ comme pour les pays d’accueil que je veux poser à l’échelle de la Méditerranée la question de l’immigration clandestine. Elle fait la fortune des marchands de sommeil et des passeurs sans scrupule qui n’hésitent pas à mettre en danger la vie des pauvres malheureux dont ils exploitent la détresse. Aussi je souhaite qu’une convention soit élaborée entre tous les pays méditerranéens pour faciliter les reconduites à la frontière, et je souhaite que celui qui a été reconduit dans


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