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Août 2007 (N°50)

 

 

Sommaire :

 

ÉDITORIAL : de Hichem Ben Yaïche : Sarkozy, l’après-cent jours 

2 - ÉCONOMIE

21 – Le Maroc ambitionne de devenir un rendez-vous incontournable en matière d'aviation

22 - Tunisie: Tribune - La Tunisie et la mondialisation

23 - Algérie: Secteur financier national - Une confiance grandissante des banques étrangères

24 - La Tunisie a attiré 12 nouveaux centres d’appel européens

25 - Une OGN néerlandaise soutient les investissements des expatriés au Maroc

26 -Les Etats-Unis demeurent le premier client de l’Algérie

3 - GÉOPOLITIQUE

31 - Sous le règne de S.M. le Roi Mohammed VI

32 – Méditerranée Rive sud : différents modèles politiques

4 - SOCIÉTÉ

41 – Selon l'INSEE 1 habitant sur 5 de la région PACA vit sur un territoire de la Politique de la ville.

42 - Islamiste tendance machiste

43 - Algérie : 8000 immigrés clandestins arrêtés depuis le début de l’année

44 - Tunisie: Enseignement supérieur- Six jeunes Tunisiens admis à l'Ecole polytechnique de Paris

45 - Tunisie: La Ville du Siècle

46 - Cet été le vent a secoué les habitudes des Marseillais

47 - Un tunnel ferroviaire pourrait relier l'Afrique à l'Europe d'ici à 2025

48 - Les islamistes affirment être la première force politique du Maroc

49 - Atelier sur le Tourisme Durable en Libye

5 – EUROMED

51 - Vauzelle (PS) pour un nouveau partenariat Europe-Méditerranée

52 - Sahara : Pour une Union Méditerranéenne prospère et sécurisée

53 - La Région Provence-Alpes-Côte d’Azur recevra 284 M€ au titre du FSE

54 - Parlement européen  -  Appel à projets 2008

55 - Dix enjeux pour l’agriculture en Méditerranée

56 - XVEME CONFERENCE DES AMBASSADEURS

6 – CULTURE

61 - Tunisie: Ouverture du festival euro-méditerranéen du théâtre des jeunes

62 - Les Maîtres du Chaâbi enfin réunis

7 – HISTOIRE

71 - Arte donne la parole à des musulmans qui refusent l'intégrisme

8 – SCIENCES & TECHNOLOGIES

81 - RESPIREZ, VOUS ETES POLLUES

82 - Tunisie : La création de sociétés de gestion de pôles technologiques

83 - ECOtechnologies, les journées PRECODD 2007

84 -ITER

85 - Environnement. Retour aux Embiez  pour « Ecomed 1 ».

86 - Tunisie: Une meilleure intégration dans les réseaux de la science et du savoir

87 - Une somme d’actions pour valoriser les trésors de la Méditerranée

88 - Le développement durable : un défi pour l’aquaculture marine en Méditerranée

89 - Dégradation des sols et stratégies coopératives en Méditerranée :

89/1 - Les contradictions de la gestion intégrée des ressources en eau dans l’agriculture irriguée méditerranéenne

9 – OPINIONS

91 - Exporter du nucléaire, une décision politique, par Grégoire Mallard

92 - Algérie: Repentance et calculs politiciens

93 - Le faux-pas africain de Sarkozy, par Philippe Bernard

94 - L'école primaire en prend pour son grade

 


 

ÉDITORIAL de Hichem Ben Yaïche : Sarkozy, l’après-cent jours 

A en juger les cent premiers jours du règne de Nicolas Sarkozy, force est de constater que, sur le fond, rien de révolutionnaire ne s’est réellement produit. En revanche, les apparences du pouvoir et les hommes qui les incarnent portent la marque du nouveau président. Pour l’instant, la rupture tant clamée et réclamée par Nicolas Sarkozy tarde encore à entrer dans les faits. Par pragmatisme et par prudence, on peut comprendre son projet et souhait de périodiser son quinquennat et de lui imposer des séquences afin d’installer son action dans la durée en s’appuyant sur son agenda politique.

Pour le politologue ou le chroniqueur politique, l’ère Sarkozy –  passionnante à décrypter et à analyser – nous promet des surprises et des évolutions inattendues. Cela ne relève pas d’une quelconque science infuse que de le dire, mais au regard de la science politique et de l’histoire, la manière de gouverner la France de Nicolas Sarkozy s’inscrit, qu’on le veuille ou non, dans cette indépassable logique : « ça passe ou ça casse » ! De nombreuses interrogations sont ainsi posées : par sa volonté réformatrice réussira-t-il à transfigurer et à moderniser la France ? Les recettes de sa révolution conservatrice vont-elles être acceptées par les Français ? Sa façon de faire bouger les lignes tient-elle du leurre ? Avec son style pressé et constamment en mouvement finira-t-il par user ses collaborateurs, ses ministres et, par extension, l’opinion ? Le mouvement brownien qu’il provoque relève-t-il de la poudre aux yeux ? Les questions ne manquent pas.   

Pour l’opinion française et internationale, le président suscite une vraie « curiosité ». Chacun scrute les faits et les gestes de ce personnage politique sui generis que la France s’est choisie.

Dans la mythologie en construction autour de Nicolas Sarkozy les médias jouent un rôle majeur. Il ne se passe pas une semaine sans qu’il fasse la couverture des newsmagazines et des magazines people. Sarkozy par-ci, Sarkozy par-là, Sarkozy en couple, en famille, etc. Loin de moi l’idée de suggérer qu’il les suscite lui-même, en tout cas, au moins en partie, ces amis propriétaires de journaux veillent pour lui (lire à ce propos l’excellent article « Nicolas Sarkozy, vingt-cinq ans d'investissement dans les médias », Le Monde du 19.02.07). Dans cet univers où la communication cannibalise l’information, il est encore trop tôt pour se livrer à des conclusions générales.

Reste que les trois premiers mois de son pouvoir nous permettent de tracer en pointillés un portrait du nouveau président (son style, sa rhétorique, sa méthode…), et d’avoir – surtout – des indications de tendance sur son art de gouverner.

Un hyperprésident à l’Elysée. Offrir une image d’un président survitaminé, hyperactif et occupant massivement le terrain est une excellente chose. Mais cette hyperprésidentialisation qu’il instaure comporte des risques considérables. Elle accentue la « monarchie républicaine » en France, et déséquilibre, d’une certaine façon, plus encore les institutions. Cela annonce-t-il un changement de régime présidentiel à l’américaine ? L’idée circule dans le Landerneau politico-médiatique. On l’aura compris, Nicolas Sarkozy veut régner et gouverner. Mais, à trop user, son pouvoir personnel qui se déploie à travers une omniprésence politique pourrait se retourner contre lui, en boomerang. Même si la France avait vécu, pendant six siècles, sous une monarchie, il n’en demeure pas moins vrai que la culture république, façonnée dans le sang et les larmes, est consubstantielle à l’être français. Elle est inscrite dans son métabolisme.

François Fillon, qu’on ne verra plus jamais en jogging avec le président, a bien compris le message. Il l’a fait savoir dans la presse (lire ses entretiens dans Paris-Match et Le Monde, août 2007). Il est le premier des ministres. Son intimité avec Nicolas Sarkozy, cultivée pendant les années de conquête de pouvoir, est en train de s’étioler. Les confidences du premier cercle ne laissent subsister aucun doute sur ce sujet. Chacun à sa place !

Hypertrophie de l’ego ? Envie d’être au cœur de tout ? Chacun y va de sa musique et de sa psychanalyse. En tout état de cause, l’épreuve avec le principe de réalité est en train de s’opérer.

En cette période symbolique, deux images auront tôt ou tard des répercussions sur le nouveau président. Son escapade à Malte, pour « habiter la fonction », sur un bateau d’un ami milliardaire. Et les vacances passées à Wolfeboro (New Hampshire, USA), dans une résidence huppée, payée et prêtée par des amis. Est-ce compatible avec le statut d’un président de la République de se permettre cette liberté ? L’exégèse est toujours en cours. De là à dire qu’il est « l’ami des CAC 40 », certains n’ont pas hésité à l’écrire et à le dire.

Devant une presse prudente, voire inhibée, le magazine Marianne et Le Canard Enchaîné exploitent à merveille de ce « faux-pas » et de ce filon, en réalisant des ventes record.

Dans cette phase où les pièces du puzzle se mettent progressivement en place, même s’il dispose de puissants appuis dans tous les milieux (milieux d’affaire, finance, médias, etc.), sa surexposition, sans paratonnerre, aura un coût. Et, sûr de son jugement, il semble vouloir l’assumer.

Une autre diplomatie ? Au stade actuel, il est impossible de déterminer avec précision vers quelle nouvelle diplomatie la France sarkozyenne s’achemine. Le ressac de la « normalisation » des relations avec la Libye, puis son annonce du projet de l’Union méditerranéenne, concept en quête de contenu, lors de son premier voyage au pas de charge dans deux pays du Maghreb (Algérie, Tunisie) et sa tournée africaine…, tout cela montre une diplomatie à la recherche de ses marques. Elle est encore hésitante, parfois brouillonne. Pour ce qui concerne sa « politique arabe » - si tant est que l’on puisse encore utiliser cette expression -, les prochains mois vont nous permettre d’avoir des éléments de réponse. On connaît ses propos en tant que candidat, mais il s’agit aujourd’hui de voir comment il va les traduire sur le terrain de la réalité géopolitique.

On le voit, les mois à venir vont dessiner le vrai visage d’un Sarkozy présidentiel. Cet homme, qui aime plaire, est bâti en bloc. Jusqu’ici il avait converti ses échecs en atouts majeurs. Etre président de la France, c’est un tout autre destin. En ce moment de superpuissance, il est utile de bien méditer sur le caractère du peuple français, lequel a une histoire cyclothymique, contradictoire, mais aussi une capacité prodigieuse de se sublimer . Celui-ci est toujours à la recherche de la figure rassurante du père ; il idolâtre et puis il lui arrive souvent de brûler ses anciennes idoles… Tout procède de cette redoutable équation.

.   

Hichem Ben Yaïche Chercheur à l'IRIS

2 - ÉCONOMIE

21 – Le Maroc ambitionne de devenir un rendez-vous incontournable en matière d'aviation

PARIS (MAP) - Le Maroc, à l'instar de la France, du Royaume-Uni, de l'Allemagne ou de Dubaï, ambitionne de devenir un rendez-vous incontournable en matière d'aviation, souligne l'hebdomadaire international ""Jeune Afrique"" dans sa dernière livraison.

Le 1-er Salon international des industries et services aéronautiques (Aéroexpo), qui se tiendra du 24 au 27 octobre prochain à Marrakech avec la participation de plus d'une centaine d'exposants parmi lesquels des mastodontes comme l'américain Boeing, l'européen EADS (maison mère d'Airbus), les français ""Safran"", ""Dassault"" et ""Thales"", a pour mission effectivement de faire découvrir le Royaume aux professionnels européens désireux de délocaliser certaines de leurs activités, relève le magazine dans un article sous le titre ""Quand le Maroc décollera"".

Production de composants électroniques et de pièces mécaniques, câblage, connectique et maintenance, le Groupement des industriels marocains aéronautique et spatial (GIMAS) entend devenir ""une référence"" dans ces différents secteurs de manière à imposer, à terme, l'aéroport Mohammed V de Casablanca comme un ""hub"" du trafic aérien continental, ajoute-t-il, soulignant que le Maroc dispose à cet égard de plusieurs atouts, dont ""le moindre n'est pas l'usage largement répandu de la langue française"".

 

""Le Fonds Hassan II pour le développement économique et social a été élargi aux industries aéronautiques qui bénéficient, en outre, de l'ouverture de nombreuses zones franches"", précise Olivier Gorge, délégué général adjoint du Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (GIFAS), cité par la publication.

""L'accord de libre-échange conclu avec les pays de l'ALENA (Accord de libre-échange nord-américain) facilite le travail des groupes qui ont des clients ou des fournisseurs aux Etats-Unis et au Mexique"", ajoute Guillaume Jaubert, chargé des affaires internationales au sein de cette puissante fédération d'investisseurs.

L'hebdomadaire rappelle que depuis 1999, une quarantaine d'entreprises européennes se sont déjà implantées au Maroc, emploient environ 5.000 salariés et ont réalisé, en 2006, un chiffre d'affaires de trois milliards de dirhams, compte tenu des investissements (1,5 milliard DH en cinq ans).

Pour ce qui est de la formation, le gouvernement marocain n'entend pas ménager ses efforts, souligne-t-il, faisant savoir qu'un Institut des métiers de l'aéronautique (IMA) devrait prochainement voir le jour pour venir compléter l'Académie internationale Mohammed VI de l'aviation civile, qui a ouvert ses portes en 2000 et propose cinq spécialisations.

""Tous les éléments sont réunis pour que le secteur décolle"", s'enthousiasme Frédéric le Hénaff, l'un des organisateurs d'""Aéroexpo"", alors qu'Olivier Gorge avance que ""le Maroc a la chance d'avoir les faveurs de quelques grands groupes français"".

 

Publié le: 06/08/2007 Source : MAP

22 - Tunisie: Tribune - La Tunisie et la mondialisation

9 Août 2007 Mosbah Benmosbah-  Béni-Khalled

Tout est joué. Désormais, la mondialisation est une réalité de tous les jours. Il n'est pas un acte, parfois des plus anodins, qui ne soit peu ou prou influencé par les nouvelles règles des échanges mondiaux, qu'ils soient commerciaux, culturels ou politiques.

Le citoyen, en achetant et en consommant tout produit, s'insère dans un système global où son acte revêt une importance primordiale, en ce sens que son choix peut avantager une société nationale ou étrangère, servir notre pays ou contribuer à l'enrichissement d'un autre.

Consommer est devenu un acte politique et patriotique.

Bien entendu, il se s'agit pas d'agissements exceptionnels répondant à de non moins exceptionnelles situations, mais il est question d'un état de fait durable, pérennisé par des lois-cadre qui nous incitent à la réflexion avant de consommer. Sans verser dans le chauvinisme, le fanatisme et le repli sur soi, il importe de relever les défis nombreux et sans cesse mutants auxquels chaque citoyen sera confronté, et opter, assidûment, pour la préférence nationale.

L'abolition des frontières face aux marchandises peut induire en erreur certains esprits alléchés par moult articles bon marché en provenance de je-ne- sais où, et plus grave encore peut créer des méandres économiques où l'amalgame des produits peut être néfaste pour les nôtres qui seraient noyés dans une masse informe de marchandises étrangères, bien souvent de bas étage.

Notre préférence doit aller vers le produit de notre terroir. Ce choix délibéré et responsable induira l'accroissement des richesses nationales, impliquera à moyen terme de la part des producteurs et industriels nationaux une recherche régulière de la qualité, que ce soit au niveau de la qualité du produit que du service après-vente.

Beaucoup de peuples ont saisi l'importance de ces changements fondamentaux et ont agi pour favoriser leurs marchandises nationales.

Car l'économie d'un pays, aussi puissant soit-il, reste incontestablement aléatoire, puisqu'il n'existe aucune loi, aucun diktat, aucune directive qui obligent le consommateur à acquérir ses produits.

Le consommateur agit en toute liberté dans ce domaine, néanmoins cette liberté reste étroitement surveillée, et inlassablement orientée par les sociétés multinationales, et les grands groupes industriels. Sans vigilance à tous les niveaux, un pays peut être inondé de marchandises, de camelote de toutes natures et se trouver déstabilisé,voire amené à des difficultés économiques, entraînant chômage, perte de pouvoir d'achat, recul du niveau de vie et provoquant un désordre social aux conséquences incertaines. La Tunisie possède des atouts non négligeables qui lui permettront, à coup sûr, de remporter cette bataille.

Nos industriels doivent faire preuve d'une imagination sans limites, d'une ingéniosité sans cesse renouvelée, diminuer les coûts et améliorer la qualité afin de rester concurrentiels, être inventifs pour surprendre agréablement et utilement le consommateur. Quant à ce dernier, il doit avoir confiance dans le produit national, consommer intelligemment en appliquant son esprit critique à chaque étape de sa démarche d'acquisition, communiquer ses remarques, suggestions et doléances aux fabricants afin de les inciter à améliorer la qualité de leurs produits.

Ce rapport consommateur- industriels doit rester actif dans les deux sens, afin qu'il soit un vecteur de confiance mutuelle.

Notre pays est déjà sur les rails de la modernisation, je dirai même qu'il se trouve actuellement dans le peloton de tête, et il s'agit en l'occurrence, dorénavant, de redoubler d'efforts car les embûches et les obstacles seront de plus en plus nombreux et compliqués à solutionner.

Néanmoins, la certitude est acquise que la Tunisie relèvera le défi avec ses citoyens, et qu'elle gagnera ce défi. Parole de citoyen.

23 - Algérie: Secteur financier national - Une confiance grandissante des banques étrangères

La Tribune (Algiers) 9 Août 2007 Samira Imadalou

Depuis le début de l'été, on assiste à un défilé des chefs d'Etat étrangers, notamment arabes. Des délégations économiques importantes ont également effectué des visites de travail en Algérie pour prospecter le marché. Français, Tunisiens, Emiratis et Iraniens ont clairement affiché leur volonté de s'implanter fortement sur le marché algérien.

Un marché de plus en plus convoité dans plusieurs secteurs, à l'instar de l'agriculture, du tourisme, du bâtiment, des télécommunications et de l'industrie automobile. Les banques également figurent parmi les secteurs clés qui ont fait l'objet de négociations avec la partie algérienne. Les banques arabes, déjà fortement présentes dans notre pays, sont de plus en plus nombreuses à vouloir s'implanter chez nous. De grosses pointures financières ont clairement affiché leur volonté de venir en Algérie par le biais de leurs hauts responsables. Les Emiratis, par exemple, dont la ministre de l'Economie et de la Planification était en visite à Alger à la tête d'une importante délégation au début de la semaine dernière, souhaiteraient investir dans le secteur des banques. Selon le ministre des Finances, M. Karim Djoudi, plusieurs banques émiraties ont demandé l'agrément pour pouvoir s'installer en Algérie.

La banque émiratie «Al Salam» a, pour rappel, d'ores et déjà, été autorisée à s'installer en Algérie et une deuxième banque est sur le point d'obtenir son agrément. Les grandes lignes de partenariat entre l'Algérie et l'Iran se dessinent aussi sur le plan financier. La coopération bilatérale bancaire devrait, prochainement, connaître un saut qualitatif à travers la création d'une commission mixte entre la banque iranienne d'exportation et l'ensemble des banques algériennes, a-t-on annoncé en marge de la visite du président iranien à Alger. Il y a aujourd'hui une émergence de nouveaux acteurs financiers.

L'Algérie compte au total actuellement 13 établissements étrangers et attend l'arrivée d'autres banques. Cet engouement s'explique, de l'avis des experts, par les changements qui ont marqué la scène bancaire nationale, notamment en matière de sécurisation, et par le rôle que peut jouer leur implantation en Algérie sur le plan régional. «En s'installant en Algérie, les banques étrangères peuvent avoir un rayonnement régional en intervenant dans d'autres pays voisins», avait avancé à ce sujet, il y a quelques semaines, M. Abderahmane Benkhalfa, délégué général de l'Association des banques et établissements financiers, dans un entretien accordé à la Tribune. Il y a aussi l'amélioration du «risque pays» qui n'est pas sans rapport avec l'aisance financière actuelle de l'Algérie.

24 - La Tunisie a attiré 12 nouveaux centres d’appel européens

dont Research, HP call center et Nova system International au premier semestre 2007.

dimanche 12 août 2007.

La France vient en tête des pays d’origine des nouveaux centres d’appel européens installés en Tunisie, avant l’Italie et l’Allemagne. Le modèle a fait école, dix plates-formes ayant été créées par des start-up locales ou en mixte depuis le début de l’année. Selon l’agence de promotion des investissements extérieurs (FIPA), les centres d’appel, spécialisés pour la plupart dans la relation-client et la télévente, emploient 8 000 Tunisiens, essentiellement des jeunes diplômés.

Souvent polyglottes, ces derniers constituent une main-d’œuvre qualifiée et bon marché, 15 % des effectifs de l’université poursuivant des études liées aux télécommunications et nouvelles echnologies. La Tunisie encourage la délocalisation pour résorber le chômage et applique généralement aux centres étrangers des tarifs de communication réduits ou identiques à ceux pratiqués dans leurs pays d’origine. Leader du marché, avec 30 millions d’euros de chiffres d’affaires par an, la Société tunisienne de télémarketing, filiale de Téléperformance (France), avait été la première à s’implanter en Tunisie à la fin de l’année 2000.

Synthèse de Mourad D’après Agence France Presse

25 - Une OGN néerlandaise soutient les investissements des expatriés au Maroc

15/08/2007

Une ONG néerlandaise a apporté son concours aux travailleurs étrangers résidant dans le pays, qui souhaitent lancer des projets dans leurs pays d'origine. International Entrepreneurship offre un large éventail de services destinés à aider les éventuels entrepreneurs et investisseurs à naviguer dans les couloirs de la bureaucratie et à s'assurer du financement de leurs projets.

Par Mawassi Lahcen pour Magharebia à Casablanca – 15/08/2007

L'organisation non gouvernementale néerlandaise International Entrepreneurship (IntEnt) aide les immigrants marocains et leurs familles à l'étranger à réaliser leur rêve de mettre en oeuvre leur propre projet dans leur pays d'origine. Pour ce faire, il leur propose une assistance à chaque étape de l'élaboration et de la mise en oeuvre du projet, de la formulation des concepts à la conduite des études, en passant par l'assurance des garanties nécessaires à obtenir des prêts bancaires.

Klaas Molenar, directeur de IntEnt, a déclaré à Magharebia que l'objectif de son organisation était "d'aider les travailleurs immigrés aux Pays-Bas à retourner dans leurs pays d'origine avec un avantage, en les aidant à utiliser les connaissances et les compétences acquises [à l'étranger], et de les aider à mener à bien leurs projets porteurs de richesses et de possibilités d'emploi dans leurs pays d'origine".

Et M. Molenar d'ajouter: "Je crois que les travailleurs immigrés ont de fortes chances de réussir dans les affaires. Le biculturalisme qu'ils ont acquis à l'étranger leur permet d'envisager de diverses manières les possibilités de travail et les opportunités qui s'ouvrent à eux dans leurs pays, en plus de leur fournir un carnet de relations à l'étranger et la capacité de mobiliser des ressources financières, techniques et logistiques."

Cela fait maintenant dix ans que M. Molenar a mis en place IntEnt, et son organisation bénéficie désormais d'un financement et du soutien de la Commission Européenne, du gouvernement néerlandais et d'un certain nombre d'organisations de la société civile. Il a expliqué : "Nous avons commencé avec un groupe de pays comptant de larges populations de travailleurs imigrés aux Pays-Bas, comme la Turquie, le Ghana, le Surinam, l'Ethiopie, l'Afghanistan et le Maroc, et nous continuons à nous étendre."

Il a ajouté que IntEnt avait choisi le Maroc comme site de sa première filiale à l'étranger au vu du dynamisme économique du pays et de son degré d'ouverture aux initiatives privées. De plus, l'organisation a encouragé des investisseurs étrangers non marocains à investir dans le pays.

Pour améliorer les conditions de financement des projets que parraine l'organisation au Maroc, IntEnt a créé un fonds de garantie doté de 200 000 euros de capital initial, géré en coopération avec l'entreprise marocaine Dar Ad-Damane. M. Molenar souligne que le principal obstacle que rencontrent les investisseurs lors de l'obtention de prêts bancaires au Maroc réside dans le fait de pouvoir fournir des garanties. Ce fonds s'est donc assigné pour mission de garantir 75 pour cent des prêts bancaires nécessaires à la mise en oeuvre de projets bénéficiant du soutein de l'organisation.

Asmae Idrissi, directrice de IntEnt Maroc, explique que "le nombre d'immigrants entrant chaque année au Maroc dans l'intention d'y lancer des projets économiques est en constante augmentation". Elle ajoute : "Nous recevons chaque année entre vingt et trente personnes, dont la moitié réussit à faire démarrer les projets."

Mme Idrissi, qui travaille depuis cinq ans avec des immigrants marocains vivant aux Pays-Bas, estime que le principal obstacle que rencontrent ces immigrants est la langue. Elle a expliqué à Magharebia que "près de 80 pour cent des Marocains vivant aux Pays-Bas sont originaires du nord du Maroc, où la langue amazighe rurale est prédominante. Ainsi, la plupart des Marocains vivant aux Pays-Bas, en particulier ceux des deuxième et troisième générations, ne parlent que l'amazigh rural, le néerlandais et l'anglais, considéré ici comme la seconde langue. Ils éprouvent donc des difficultés à s'intégrer dans les grandes villes du Maroc, comme Casablanca et Rabat, où l'arabe et le français sont prédominants."

Mme Idrissi souligne que les idées de projets présentés par les immigrants marocains aux Pays-Bas se distinguent par leur créativité et leur diversité, et qu'ils concernent le tourisme, la mode, l'industrie et le commerce.

Ce contenu a été réalisé sous requête de Magharebia.com

26 -Les Etats-Unis demeurent le premier client de l’Algérie

Selon les données du Centre national de l’informatique et des statistiques (CNIS) sur le commerce extérieur, les  Etats-Unis ont occupé durant le mois de juillet dernier le 1er rang avec 21,90 % du volume global des ventes algériennes vers l’étranger (essentiellement du gaz et du pétrole) pour un montant de 1,103 milliards de dollars.

L’Italie, pour sa part, qui a été longtemps le traditionnel premier client de l’Algérie, s’est classée en deuxième position durant deux mois consécutifs en important l’équivalent de 635 millions de dollars en juillet  dernier  avec 12,61% du volume global des ventes.  En troisième position, on trouve l’Espagne avec un montant de 605 millions de dollars, soit 12,01%  du montant global.  La France  figure en 4e position comme client avec 501 millions de dollars, et elle préserve toujours sa place de principal partenaire commercial de l’Algérie. Ce pays a expédié vers l’Algérie pour 487 millions de dollars, soit 22,20 % du volume global des achats nationaux et a acheté pour 501 millions (9,01 % des ventes nationales). Le Canada est le cinquième client de l’Algérie. Ce pays a absorbé au cours du mois dernier,

7,90 % des exportations algériennes pour une valeur de 398 millions de dollars.

Sixième client de l’Algérie, les Pays-Bas ont réalisé avec notre pays 598 % de leurs ventes pour une valeur de 266 millions de dollars. Le Portugal a importé pour un montant de 221 millions de dollars (439 % du volume des ventes algériennes). Il est suivi par la Grande-Bretagne, la Belgique, la Chine, l’Allemagne, la Turquie, le Brésil, qui ont importé pour des montants respectifs de 201 millions, 160 millions, 154 millions, 131 millions et 116 de dollars.

Les statistiques douane indique, par ailleurs, que l’Italie a été le deuxième fournisseur de l’Algérie avec 264 millions de dollars durant le mois de juillet dernier et la Chine son troisième  fournisseur avec 204 millions de dollars. Elles sont suivies des Etats-Unis (177 millions de dollars), de l’Allemagne (151 millions), de l’Espagne (143 millions), de l’Argentine (113 millions de dollars) et de Japon  (100 millions de dollars). Les pays  près desquels l’Algérie s’est approvisionnée avec des achats de moins de 100 millions de dollars sont la Turquie  (90 millions), la Belgique (80 millions) et le Brésil  (68 millions).

26-08-2007 Nassima B.

3 – GÉOPOLITIQUE

31 - Sous le règne de S.M. le Roi Mohammed VI

Le Maroc connaît un processus soutenu de réformes   Publié le : 10.08.2007

Le Maroc connaît, sous le règne de S.M. le Roi Mohammed VI, un processus soutenu de réformes dans les domaines économique, politique et des droits de l'Homme, a affirmé l'écrivain palestinien Maân Al-Beyari.

Ce processus de réformes se poursuit activement sous la supervision de l'Institution monarchique et avec la participation des pouvoirs exécutif et législatif, ainsi que de la société civile, a ajouté l'auteur dans un article publié par le journal émirati "Al-Khalij" sous le titre "huit années marocaines".

Le Maroc relève avec succès des défis de développement, a-t-il dit, qualifiant d'"exceptionnelles" et de "remarquables" à l'échelle arabe certaines réformes entreprises par le Royaume. Il a cité, dans ce sens, "la rupture avec tout ce qui a été déplorable dans le passé et la révision courageuse et approfondie de cette période".

A cet égard, l'écrivain palestinien s'est félicité de la volonté politique audacieuse de S.M. le Roi et du combat des forces politiques et d'organisations des droits de l'Homme, après l'annonce de la fin de l'opération d'indemnisation des victimes des violations passées des droits de l'Homme, qui a coïncidé avec la célébration du 8e anniversaire de l'Intronisation du Souverain.

Il a, en outre, mis l'accent sur les programmes de lutte contre la pauvreté que S.M. le Roi a placés en tête de Ses priorités, depuis la première année de Son accession au Trône de Ses glorieux ancêtres. Il a précisé, dans ce contexte, que les programmes et les mesures prises pour lutter contre la pauvreté ont permis de réduire son taux de 19% en 1998 à 11% en 2006, ce qui témoigne, a-t-il signalé, "des efforts sérieux" déployés dans ce domaine.

Depuis l'accession de S.M. le Roi Mohammed VI au Trône, a rappelé M.  Al-Beyari, le Maroc a franchi "de grands pas pour relever ces défis", soulignant que le Royaume a pu concrétiser plusieurs objectifs escomptés qui ont d'ailleurs été salués par des instances et Organisations internationales.

MAP

32 – Méditerranée Rive sud : différents modèles politiques

jeudi 30 août 2007 Georges Corm  -  Confluences Méditerranée

Depuis l’effondrement de l’Union soviétique et la mise en place du processus de Barcelone en 1995, la question de la généralisation des droits de l’Homme et de la démocratie politique sur la rive sud de la Méditerranée a pris beaucoup d’ampleur dans l’opinion publique sur les deux rives. Plus récemment, pour faire diversion à l’invasion de l’Irak, les initiatives américaines bruyantes pour « un grand Moyen-orient » démocratique ont contribué à mettre encore plus le projecteur sur la démocratisation des régimes arabes.

L’idée qui se généralise est qu’il existe un problème spécifique au sud de la Méditerranée qui empêche l’accession des sociétés concernées à la modernité démocratique. Le sud de la Méditerranée serait comme condamné à vivre sous des régimes autoritaires pour des raisons mystérieuses que l’on ne parvient pas à élucider. En fait, faute d’une analyse politique et économique fine, l’anthropologie religieuse est devenue la clé d’explication la plus courante : l’Islam aurait du mal à pratiquer les formes modernes de liberté et de pluralisme. Il s’agit d’une explication très courante qui a d’ailleurs amené beaucoup d’islamologues et de planificateurs politiques américains à considérer que l’accès à la démocratie dans les pays dits musulmans devait obligatoirement passer par le développement de partis politiques se réclamant de l’Islam et qui pourraient être amenés progressivement à accepter le pluralisme et le jeu démocratique. Dans cette optique, devenue dominante, on assiste à une dévalorisation totale des expériences de type laïque qu’ont connu certaines sociétés du sud de la Méditerranée, comme ayant été « inauthentiques » et particulièrement répressives et oppressives pour leurs peuples très attachés à la religion musulmane et ses institutions traditionnelles.

En réalité, pour faire une typologie utile des régimes politiques du sud de la Méditerranée, il convient de prendre ses distances par rapport à l’obsession religieuse islamique à la mode depuis plusieurs décades, pour examiner les contextes historiques, économiques et sociaux qui peuvent expliquer la nature des régimes politiques en cause. Disons tout de suite que la plupart de ces régimes politiques doivent être qualifiés de « semi-autoritaires » ou dictatoriaux ; il faudrait éviter l’emploi du qualificatif « totalitaire » qui évoque les régimes fascistes de l’Europe ou les dictatures totalitaires nazies ou bolcheviques, ce qui n’est pas le cas des régimes du sud de la Méditerranée, quel que soit le degré d’autoritarisme ou de concentration du pouvoir qui y est pratiqué.

Les sociétés méditerranéennes, en effet, ne se prêtent pas à une telle description, en dehors de cas exceptionnels et limités, comme l’Algérie durant les grands troubles de 1992-2000 ou celui de la Libye transformée en une énorme prison sous le règne fantasque de Khaddafi. Ces sociétés, en effet, restent encore beaucoup trop stratifiées et diverses ; les liens de parenté claniques ainsi que l’ouverture sur le reste du monde qui s’est développée par l’émigration ou par la proximité avec l’Europe rendent difficile la fermeture que suppose un régime véritablement totalitaire. En fait, il convient de remarquer que beaucoup de pays du sud de la Méditerranée ont eu des expériences variées et diverses de pluralisme et de libéralisme politique à une époque où sur la rive nord de la Méditerranée s’était mis en place le fascisme dur de type italien ou espagnol ou portugais.

La première Constitution moderne sur la rive sud est celle adoptée par l’empire Ottoman en 1876 ; en 1908, un parlement est élu dans l’empire où siègent des représentants de toutes les provinces. L’Egypte sous le protectorat britannique aura elle aussi un parlement élu et la vie démocratique continuera à se développer dans ce pays même après son indépendance et jusqu’au coup d’Etat de juillet 1952. Il en sera de même de la Syrie et du Liban sous protectorat français et après le départ du colonisateur. Ce n’est qu’en 1963, que le parti Baath acquiert le monopole sur la vie politique syrienne et installe une dictature que les militaires vont progressivement asservir à leur profit. En Turquie, la révolution kémaliste du début du 20e siècle inaugure certes un régime autoritaire, mais qui n’empêche pas le développement d’une vie politique intense et celui ultérieur de différents partis politiques, y compris des partis de tendance communistes ou de tendances islamiques.

Il n’est donc pas facile de procéder à une typologie des régimes du sud de la Méditerranée depuis le début du 20e siècle, car les expériences ont été très variées et changeantes dans le temps, en fonction des circonstances politiques et des fortes influences externes qui se sont exercées sur la région et dont celle du colonialisme européen n’est pas des moindres, mais auquel il faut ajouter les expériences politiques très variées en Europe elle-même : fascisme, nazisme, communisme, régimes libéraux, ont tous exercés une influence forte sur la pensée politique dans les pays de la rive sud et les régimes politiques qui en ont découlé. On pourrait, en fait, distinguer trois types de régimes qui se sont succédés dans le temps ou ont coexisté entre eux, avec des variantes propres à chaque pays et à son environnement externe ou son histoire récente. Un même pays a pu connaître sur des périodes de temps relativement courtes les trois variétés de régimes politiques

Les régimes de « despotisme éclairé »

Dans ce modèle, on pourrait classer deux variantes majeures dont la première a largement influencé les secondes.

Le réformisme autoritaire laïc (kémalisme turc et bourguibisme) La première variante concerne l’établissement d’un réformisme laïc dont les sources sont à rechercher dans les efforts menés par l’empire Ottoman pour se moderniser. On peut distinguer deux tendances différentes dans la réforme ottomane. La première est celle de la période dite des « Tanzimat » où l’administration impériale, sous la pression des puissances européennes, entreprend d’intégrer officiellement les non-musulmans dans la gestion de l’empire ; deux édits majeurs en 1839 et 1856 décrètent l’égalité politique de tous les sujets du Sultan et confirment les privilèges des communautés chrétiennes et juives dans l’empire (1). De nombreuses réformes complémentaires sont entreprises par la suite pour adopter les institutions européennes (code de commerce, code de la nationalité, organisation municipale), la Constitution de 1876 étant l’achèvement de cette modernisation. La seconde tendance est celle des officiers Jeunes Turcs qui donnera naissance au laïcisme radical de Mustapha Kemal et qui développe un jacobinisme pan-touranien qui exclut les différentes identités ethniques qui composaient traditionnellement le peuplement de l’empire (grecque, arménienne, kurde, arabe).

Mustapha Kemal, fort du prestige de ses victoires militaires contre les armées européennes qui avaient envahi l’Anatolie, abolit le Califat en 1924 et établit une république laïque qui sépare totalement la gestion de l’Etat des affaires religieuses. Il latinise l’alphabet turc, voulant ainsi définitivement couper les liens passés avec les peuples arabes et musulmans du Moyen-Orient, pour se tourner vers un futur européen (2). La révolution kémaliste a été très décriée ces dernières années dans le cadre de la mode anti-laïque et favorable à la « réislamisation » des sociétés du tiers monde, comme moyen de lutter contre l’influence grandissante de l’URSS et des diverses variantes de marxismes dans les sociétés colonisées par les puissances européennes.

On ne peut que reconnaître, cependant, que la Turquie est aujourd’hui avec la Malaisie le seul pays « musulman » respecté dans l’ordre international ; s’il est parvenu à faire accéder pacifiquement au pouvoir un parti se réclamant de l’Islam, c’est bien grâce aux décades de pratique laïque instaurée par le Kémalisme. Certes, aux critères purs et durs des droits de l’Homme, la Turquie est encore loin d’avoir rejoint la situation des pays démocratiques européens ; mais comparé à d’autres sociétés musulmanes dans le monde arabe ou en Asie, ce pays est bien un modèle valorisant : il n’a connu aucune des crises violentes internes (mis à part celles dues au problème kurde) ou aucune des défaites militaires cuisantes qui ont pu affecter d’autres sociétés musulmanes. Dans le monde arabe, Habib Bourguiba en Tunisie instaure un régime politique qui par son désir de laïcisation de la société rappelle le plus le modèle kémaliste.

Comme en Turquie pour le kémalisme, le bourguibisme laissera en Tunisie des traces durables, même si le régime qui lui a succédé a versé dans une dictature policière peu digne du dynamisme et des qualités de la population tunisienne. La Tunisie est, en effet, le pays arabe qui a les meilleures performances socio-économiques des pays du sud de la Méditerranée. Le kémalisme inspirera aussi la vague modernisante que connaît le monde arabe après les indépendances, souvent à la faveur de coups d’Etat militaires.

Le césarisme modernisant et populiste

Au kémalisme turc, et probablement influencé par lui, a correspondu dans les pays arabes méditerranéens, des régimes autoritaires et populistes, incarnés dans le nassérisme. Jamal Abdel Nasser qui prend le pouvoir en Egypte suite à la chute pacifique de la monarchie en 1952, a été, en effet, un chef inspiré non seu


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