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Octobre 2007 (N°52) Sommaire : ÉDITORIAL : M. Sarkozy lance un "appel solennel à bâtir l'Union méditerranéenne" Les diplomates européens sceptiques sur l'Union méditerranéenne 1 - ÉVÉNEMENTS 11 – La Coopération non gouvernementale dans le développement économique. 12 - Les limites de la statistique 2 - ÉCONOMIE 21 – 20 000 emplois grâce au port de Marseille 22 - Un TGV pour le Maroc ? 23 - Parité Euro-Dollar L'Algérie prise au piège ? 24 - Euromed - France - Maroc - BEI - Méditerranée 25 - Mondial-2007 - Le tourisme en hausse de 28% à Marseille en septembre 26 - La réforme des ports français se précise 27 - Développement de l’industrie pharmaceutique en Algérie 28 - Créer une entreprise en Provence, c'est l'Amérique 29 - Les centres d’appels en plein boom 3 - GÉOPOLITIQUE 31 - Les défis de l'élargissement de l'UE 32 - Les cantons suisses invités à rejoindre l'Eurorégion alpine 33 - Oxford Business Group 34 - Relations algéro-françaises La coopération économique, axe central de la visite de Sarkozy 4 - SOCIÉTÉ 41 – Oxford Business Group, Algérie: Terreur et économie 42 - Dialogue entre les religions aux Nations unies 43 - Ouvrir les frontières terrestres entre le Maroc et l’Algérie | Pétition 44 - Régis Debray et le dialogue des civilisations 45 - Une lettre de 138 dignitaires musulmans aux chefs des Eglises 46 - Marseille à vélo : c'est utile et écolo mais gare aux autos ! 47 - La Tunisie, phare de l'Islam au fil des siècles 48 - Classement mondial de la liberté de la presse 2007 49 - La situation en Algérie inquiète les milieux d'affaires, selon « The Economist » 49/1 - Sept femmes nommées à des postes ministériels stratégiques au Maroc 49/2 - Marseille teste le revenu de solidarité active 49/3 - Marseille doit mobiliser les acteurs de Méditerranée 49/4 - La carte de la pauvreté en France 5 – EUROMED 51 - EuroMed - France - Maroc - Méditerranée 52 - Marseille et Provence-Alpes-Côte d'Azur au coeur de la construction économique euro-méditerranéenne 53 - L'Union méditerranéeenne, point fort de la visite de Sarkozy au Maroc 54 - Indiscrétion téléphonique Entretien téléphonique entre Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi : 55 - Rencontre à Rabat sur le partenariat entre le Maroc et l'UE 56 - Sarkozy au Maroc 57 - L’Union Méditerranéenne, selon M. Sarkozy 58 - Instrument Européen de Voisinage et de Partenariat (IEVP) : 6 – CULTURE 61 - Coopération culturelle et développement territorial dans l’espace méditerranéen 62 - Orchestre des Jeunes de la Méditerranée et de Paca : session d'automne 63 - Télex : Maroc-Espagne : Coopération culturelle 64 - Marseille veut devenir la capitale de la culture 65 - Entre Méditerranée et Marketing 7 – HISTOIRE 71 – Cahiers de la Méditerranée 8 – SCIENCES & TECHNOLOGIES 81 - Campagne océanographique sur les écosystèmes en Méditerranée 82 - Le Maroc s'apprête à acheter le TGV français 9 – OPINIONS 91 - L’union virtuelle 92 - Europe et Méditerranée, par Emilio Marin 93 - « L’Union de la Méditerranée est un projet en trompe-l’oeil » CETTE LETTRE EST PRIVÉE ET À USAGE EXCLUSIF DES MEMBRES ET DES AMIS DU CLUB DE MARSEILLE Pour que ce journal soit le vôtre et réellement d’information, faites nous parvenir toutes les brèves que vous souhaitez voir diffuser. Afin de respecter les dispositions de la loi du 21 juin 2004 pour la confiance dans l'économie numérique, applicable à compter du 23 décembre 2004, et plus particulièrement son article 22, nous recueillons, par la présente, votre consentement à recevoir nos emails d'information et de prospection émis dans le cadre de l'organisation de nos actions. En conséquence, à défaut de manifestation expresse de votre refus par retour de mail d'être destinataire de ces envois, nous interpréterons votre silence comme valant consentement. Cependant, conformément à la loi informatique et libertés du 06/01/1978, vous disposez d’un droit d’accès et de modification aux données personnelles vous concernant. ÉDITORIAL : M. Sarkozy lance un "appel solennel à bâtir l'Union méditerranéenne" LE MONDE | 24.10.07 Tanger, envoyés spéciaux Devant une assemblée composée de l'élite politique et économique marocaine réunie au palais royal Marshan, Nicolas Sarkozy a mobilisé, mardi 23 octobre, au deuxième jour de sa visite d'Etat au Maroc, ce qu'il possède de souffle et de lyrisme pour tenter d'assurer un destin à son projet d'Union méditerranéenne (UM). Le choix de Tanger, main tendue de l'Afrique vers l'Europe, n'est pas neutre. Le président français, vantant le riche passé historique de la capitale du nord du Maroc, aujourd'hui candidate a l'exposition universelle de 2012, a invité avec un peu de grandiloquence les pays de la Méditerranée à répondre à son "appel pressant et solennel [à] bâtir l'union de la Méditerranée (…), le plus beau et le plus grand idéal humain (…), au nom de nos enfants qui, un jour, nous demanderons compte de ce que nous avons fait" . Dans la foulée, Nicolas Sarkozy a invité les chefs d'Etat des pays méditerranéens à tenir une réunion au sommet, en France, en juin 2008. C'est la première fois que le président français se risque à proposer un calendrier pour ce projet qu'il n'a cessé de promouvoir depuis février, lors de sa campagne électorale. L'idée, depuis, a cheminé. "Je sens l'enthousiasme qui monte et l'envie d'y croire" , s'est-il exclamé au palais Marshan. Le chef de l'Etat n'a cependant pas caché la difficulté de la tâche. Il a évoqué, à de nombreuses reprises, "un rêve de paix et de justice et non pas de conquête" ,"un grand rêve de civilisation" ,"un grand rêve capable de soulever le monde" , comme s'il doutait lui-même de pouvoir l'atteindre. Mais M. Sarkozy veut y croire et surtout convaincre. Pour lui, ce projet constitue "une rupture avec des comportements, avec des précautions, avec un état d'esprit qui tournent le dos à l'audace et au courage" . Et le président français de dramatiser l'enjeu : "Ici , nous gagnerons tout ou nous perdrons tout." "PROJET VISIONNAIRE ET AUDACIEUX" Rêveur, mais pragmatique, le chef de l'Etat veut faire avancer l'Union méditerranéenne autour de projets concrets, tels que la dépollution de la Méditerranée qui deviendrait "la mer la plus propre du monde" . Sans encombrer son projet, pour l'heure, de structures contraignantes, M. Sarkozy plaide pour "une Union méditerranéenne pragmatique et à géométrie variable" . Il n'entend pas non plus que la France en soit le seul maître d'oeuvre : "Ce sera le projet de tous, élaboré par tous. Il ne réussira que si chacun s'y engage et y met une part de lui-même." Il ne souhaite pas davantage que "tout soit décidé par avance" , comme si c'était un gage de réussite. Appelant les Etats méditerranéens à surmonter leurs différends, M. Sarkozy les invite à prendre exemple "sur les pères fondateurs de l'Europe, qui ont fait travailler ensemble des gens qui se haïssaient pour les habituer à ne plus se haïr" . Pour lui, "l'Europe fut d'abord un acte de foi, un rêve qui passait pour fou, avant de devenir une réalité" . Le roi du Maroc, Mohammed VI, a répondu à M.Sarkozy dans un discours lors du dîner officiel dans son palais de Marrakech. "Vous avez pris l'initiative d'un projet visionnaire et audacieux, celui de l'Union de la Méditerranée. Nous sommes déterminés à explorer avec vous toutes les opportunités visant à promouvoir une approche inédite. L'initiative posera sans doute les jalons d'un pacte nouveau entre l'Europe et l'Afrique dont la Méditerranée sera le pivot." Le souverain marocain a cependant insisté sur l' "ambition légitime" du Maroc d'obtenir prochainement un "statut avancé" dans ses relations avec l'Union européenne. A Tanger, Nicolas Sarkozy s'est gardé d'aborder les dossiers les plus sensibles des relations entre l'Europe et l'Afrique, tels que les flux migratoires. Dans la matinée, face aux députés marocains à Rabat, il avait toutefois évoqué cette question en proposant d'organiser, en 2008, une nouvelle conférence euro-africaine sur l'immigration. "Il est essentiel d'améliorer la gestion concertée des flux légaux de personnes entre les deux rives de la Méditerranée" , avait-il déclaré. M. Sarkozy n'oublie pas son électorat français. Pas question, a-t-il déclaré à Tanger, "d'expiation" ni de "repentance" en ce qui concerne le passé. Vouloir l'Union méditerranéenne, ce n'est pas, a-t-il dit, "vouloir effacer l'Histoire, mais la prendre où elle en est, et la continuer au lieu de la ressasser". Quelques minutes plus tôt, au détour d'un hommage au maréchal Hubert Lyautey (1854-1934) – "ce grand soldat qui avait compris avant tout le monde que nul ne pourrait s'opposer à l'aspiration des peuples à disposer d'eux-mêmes" –, Nicolas Sarkozy avait pourtant fait une avancée notable en évoquant "les fautes et parfois les crimes que le protectorat [a] engendrés" . Florence Beaugé et Philippe Ridet Les diplomates européens sceptiques sur l'Union méditerranéenne LE MONDE | 24.10.07 Bruxelles, bureau européen Le projet d'Union méditerranéenne (UM) défendu par Nicolas Sarkozy renvoie un écho mitigé dans les capitales européennes. Quelques pays du sud du continent – comme l'Italie, l'Espagne, le Portugal ou la Grèce – ont fait part de leur intérêt, mais ils se méfient d'une éventuelle mainmise de la France sur les relations avec l'autre rive de la Méditerranée. D'autres, comme l'Allemagne, la Pologne et les Etats nordiques, s'interrogent sur les intentions du président français vis-à-vis d'une région qui ne leur semble pas prioritaire. "Cette Union méditerranéenne est un concept peu clair, il est encore difficile de voir ce qui se cache derrière les discours" , constate un diplomate européen. La Commission européenne est, elle aussi, sur ses gardes. Son président, José Manuel Barroso, est favorable à toute initiative susceptible de resserrer les liens avec les pays du pourtour méditerranéen. L'ancien premier ministre portugais est, en effet, conscient que le rapprochement initié dans le cadre du processus dit de Barcelone, voici douze ans, montre ses limites, en raison des tensions liées au conflit israélo-palestinien, ou des rivalités entre les pays de la rive sud. La politique européenne de voisinage (PEV) ne constitue pas non plus une panacée. Certains interlocuteurs refusent, à l'instar des Algériens, d'aborder dans ce cadre des sujets plus politiques comme les droits de l'homme. Cependant, les eurocrates craignent la concurrence entre les différentes approches, surtout si l'Union européenne (UE) et la Commission devaient être marginalisées. LA QUESTION TURQUE "Il faudra s'assurer que ce projet ne doublonne pas avec les politiques existantes. Toute initiative complémentaire, qui apporterait des moyens financiers supplémentaires, méritera clarification, estime un haut fonctionnaire en charge des relations extérieures. En attendant, ce n'est pas à nous de plancher sur quelque chose que nous n'avons pas impulsé." Paris a pris conscience que l'accueil plutôt glacial réservé au projet tenait au calcul initial de Nicolas Sarkozy de contourner l'écueil de l'adhésion de la Turquie à l'UE en proposant une autre initiative d'intégration. L'Union méditerranéenne était alors conçue pour intégrer la Turquie au nom du "partenariat privilégié" . Rejetée par Ankara, cette hypothèse déplaît aussi à Londres, notamment, qui plaide pour la poursuite des négociations engagées de l'UE avec les Turcs. Afin de calmer les esprits, le président français a pris, depuis l'été, ses distances avec cette idée. "La question turque est désormais distincte du projet méditerranéen" , affirme un diplomate français de haut rang. Evoquée de façon régulière par M. Sarkozy au fil de ses visites à l'étranger, en particulier en Libye, en Algérie ou au Maroc, l'Union méditerranéenne n'a encore, au-delà des contacts informels, jamais été discutée par les Vingt- Sept dans le cadre des instances européennes. Alain LeRoy, l'ambassadeur français chargé du dossier, est cependant attendu à la Commission, vendredi 26 octobre, afin de détailler les ambitions de l'Elysée. Plutôt respecté à Bruxelles, cet ancien envoyé spécial de l'UE en Macédoine va devoir déployer des trésors de diplomatie pour convaincre ses interlocuteurs Philippe Ricard 1 - ÉVÉNEMENTS 11 – La Coopération non gouvernementale dans le développement économique. Bilan et perspectives du partenariat euro-méditerranéen ? Lundi 19 Novembre à la technopole de Château Gombert. Dans le cadre de la Semaine Economique de la Méditerranée MEDCOOP organise ses 7emes Rencontres Annuelles de la Coopération. Une journée de débats avec la participation de nombreuses personnalités. ENTREE LIBRE (dans la limite des places disponibles) Programme et Inscription Sur le site de MEDCOOP au www.medcoop.com Kader Bekkar Délégué général Medcoop 12 - Les limites de la statistique Conférence débat avec Alain Blum* Les statistiques ethniques : outil de lutte contre la discrimination ou d’accréditation d’une vision raciale de la société ? La loi du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés dispose dans son article 8 : « Il est interdit de collecter ou de traiter des données à caractère personnel qui font apparaître, directement ou indirectement, les origines raciales ou ethnique […] des personnes… » Récemment plusieurs personnalités, ont proposé au nom de la lutte contre les discriminations, d'autoriser la collecte de ce type de données. Leur argument principal : "Pour lutter contre les discriminations, encore faut-il pouvoir les identifier, les mesurer", reprenait une revendication importante de collectifs comme Africagora, ou le Conseil représentatif des associations noires. Il a été entendu par l’Assemblée nationale qui a proposé une modification de la loi « informatique et libertés » lors de l’examen du projet de loi relatif à la maîtrise de l’immigration, à l’intégration et à l’asile. Ce projet ayant été adopté le 23 octobre 2007, « Les traitements nécessaires à la conduite d’études sur la mesure de la diversité des origines des personnes, de la discrimination et de l’intégration… » sont désormais autorisés. Mais le débat n’est pas clos pour autant : classer les individus par catégorie ethnique, répond t-il avant tout à une volonté de traitement égalitaire de tous les citoyens indépendamment de leurs origines, ou est-ce une démarche inutile, subjective voire dangereuse, porte ouverte à toute les dérives ? Alain Blum est de ceux qui partagent cette dernière position. Il viendra nous faire part de ses arguments et répondre à nos questions. Le 6 novembre 2007 à 18h30 à Espace-Accueil aux étrangers 22 rue Mathieu Stilatti 13003 Marseille Tél : 04 95 04 30 98/99 Alain Blum est historien et démographe français. Il est directeur de recherches à l’INED, directeur d’études associé à l’EHESS et directeur du Centre d’études des mondes russes , caucasiens et centre européen (CERCEC). 2 - ÉCONOMIE 21 – 20 000 emplois grâce au port de Marseille Publié le mardi 2 octobre 2007 Le Pam, un poids lourd de l'économie locale Le port de Marseille est le poumon économique de la ville et du département. Après une étude sur l'urgence qu'il y a à entreprendre une réforme du mode de fonctionnement de l'établissement public Port Autonome de Marseille (PAM), celui-ci a livré hier, les premiers éléments d'une autre étude, relative à son poids économique cette fois. L'analyse, dont seulement des éléments partiels ont été communiqués au conseil d'administration du PAM, ne sera connue dans le détail qu'à la fin du printemps 2008. Mais d'ores et déjà les grands traits sont tracés: l'activité portuaire fait travailler 1400 établissements sur le territoire de la Communauté de communes Marseille Provence Métropole (MPM). Soit un potentiel de 20 000 emplois et 7,6% de l'emploi salarié privé. Autre indication de poids: l'activité du port de Marseille génère 525 millions d'euros (M) versés sous forme de salaires. Auxquels s'ajoutent 160 M investis en 2006. Enfin, l'étude évalue à 6 milliards d'euros le chiffre d'affaires de la place et à plus de 1 milliard la valeur ajoutée produite. Faisant de la sorte apparaître le port comme un véritable pôle industriel et de services. Le PAM verse aussi 44 M de taxe professionnelle, dont 25 M reviennent à MPM. Soit 10% de la taxe professionnelle collectée. Le département engrange 8,5 M, la région 4,5 M, la Chambre de commerce 3 M et l'État, 3 M. Des chiffres qui montrent que le port est bien source de richesses pour le présent, mais aussi pour le futur. J.-L.C 22 - Un TGV pour le Maroc ? Benjamin Cornut. Publié le 03 octobre 2007 Selon la Tribune, le Maroc serait en discussion avec l’Elysée pour la fourniture du TGV, après son refus d’acheter le nouvel avion de Dassault, le Rafale. Des rumeurs couraient ces derniers jours sur les chances décroissantes pour la diplomatie française et l’avionneur Dassault de conclure la vente des avions Rafale au Maroc. Selon la Tribune, le Maroc aurait accepté l'offre formulée par l’américain Lockheed Martin pour la livraison de F-16. Selon les mêmes sources, Dassault avait initialement proposé une commande de 18 avions Rafale pour un montant de 2,3 milliards d’euros. Suite à une offre de l’avionneur militaire américain de 36 F-16 neufs ou d’occasion à 2 milliards de dollars, les pouvoirs publics français auraient proposé 24 avions à 2 milliards d’euros. Aujourd’hui et malgré les efforts de l’Etat français, le roi marocain Mohammed VI aurait décidé de rejeter la commande française. Paris peine à vendre les "Rafale" de Dassault Aviation. Depuis sa sortie, seules les forces françaises en ont commandés. Pour compenser l’échec des négociations commencées en avril 2006, le Maroc devrait selon le quotidien commander une ligne TGV pour relier les villes de Casablanca et/ou Essaouira à Marrakech. Ceci impliquerait du coup les sociétés Alstom et SNCF International. Cette commande pourrait permettre un maintien de la visite de Nicolas Sarkozy au Maroc prévue après le 20 octobre. 23 - Parité Euro-Dollar L'Algérie prise au piège ? L'Algérie vend ses hydrocarbures en dollars, source quasiment unique de recettes extérieures, et achète tout ce dont elle a besoin — alimentation, médicaments, biens de consommation, équipements,… — en euros. De ce fait, la hausse de l'euro par rapport au dollar a des conséquences sur notre pays qui est visiblement pris au piège de cette parité dont il dépend fortement. Ce n'est pas la première fois que ce scénario défavorable se déroule. Pour Hachemi Siagh, expert financier, il faut casser au plus vite cette captivité. Dans un entretien accordé à la Chaîne III de la Radio nationale dont il était l'invité de la rédaction, il souligne que la diversification des sources de revenus est un enjeu stratégique et, en attendant, suggère de diversifier les importations en les orientant vers la zone dollar et vers les pays dont les monnaies sont indexées sur le dollar, où les transactions commerciales se font en dollar. Il a rappelé que la vulnérabilité de l'Algérie est dans sa situation mono-exportatrice, quand le dollar, monnaie de paiement de ses exportations, baisse, c'est le pouvoir d'achat du pays qui diminue, et si l'euro est en hausse, ce sont les importations qui deviennent plus chères. Le consommateur en ressent les effets à cause de l'inflation qui vient avec les produits importés. C'est une situation qui est vécue par les pays du Golfe, fait-il remarquer. La décision de la Fed (réserve fédérale américaine) — suite à la crise du crédit immobilier — de réduire son principal taux directeur et son taux d'escompte pour soutenir la croissance économique aux Etats-Unis a eu des conséquences dans les six monarchies du Conseil de coopération du Golfe (CCG), dont les monnaies sont, pour la plupart, liées au seul dollar avec le maintien d'un taux fixe entre leurs monnaies et le billet vert. De nombreux économistes dans les pays du CCG demandent avec insistance la sortie de la zone dollar. Pour l'Algérie, la solution serait de diversifier l'économie, mais, fait observer M. Siagh, ce n'est pas facile, car il faut produire et exporter vers l'Europe. Il estime que lorsqu'on dispose d'un excédent confortable en devises, comme c'est le cas pour l'Algérie, il faut constituer un portefeuille assez équilibré en différentes monnaies pour faire face aux importations. C'est le rôle de la Banque d'Algérie, ajoute-t-il. Peut-on envisager de faire payer nos ventes d'hydrocarbures en euro ? M. Siagh rappelle que la cote du pétrole se fait en dollar sur la base d'un consensus sur les marchés internationaux et ça restera comme cela, insiste-t-il. De toutes les façons, selon lui, le dollar fluctue et il peut revenir à la hausse. Il rappelle qu'entre 1995 et 2002, l'euro était dans la situation inverse. M. Siagh est convaincu que le dollar va reprendre de sa vigueur parce qu'aucun pays n'a intérêt à avoir une monnaie faible. A propos des réserves de change, il précise que ceux qui les gèrent tiennent compte de trois facteurs dans leur placement : la sécurité des placements, la liquidité et le rendement de ces placements. 08-10-2007 Lakhdar A. 24 - Euromed - France - Maroc - BEI - Méditerranée Philippe de FONTAINE VIVE, vice-président de la BEI : «POURQUOI PAS UNE BANQUE DE LA MÉDITERRANÉE!» Paris, le 14 octobre 2007 - © Alfred Mignot - Voxlatina.com et Challenge Hebdo Maroc - Vice-Président de la Banque européenne d’investissement en charge de la Femip (Facilité euro-méditerranéenne d’investissement et de partenariat), Philippe de Fontaine Vive fait le point sur les nouveaux outils financiers mis à disposition des pays du Sud méditerranéen , notamment pour y faciliter le développement du secteur privé. Et aussi, en exclusivité à notre journal, il nous annonce pourquoi et comment l’Europe pourrait désormais créer une « Agence » ou même « Banque de la Méditerranée ». (Article également publié in « CHALLENGE HEBDO MAROC - L’hebdomadaire marocain des décideurs ». Philippe DE FONTAINE VIVE, vice-président de la BEI : « POURQUOI PAS UNE BANQUE DE LA MÉDITERRANÉE! » Une entrevue exclusive de notre correspondant à Paris, Alfred Mignot Dans le cadre de la BEI, la Femip, que vous dirigez, est devenue en quelques années le principal partenaire financier des « pays partenaires méditerranéens ». Vous portez vos priorités sur le développement du secteur privé : est-ce un parti-pris ? Philippe de Fontaine Vive – C’est un choix lucide, dicté par le fait démographique ! Pour maintenir leur taux de chômage actuel, les pays partenaires doivent créer 40 millions d’emplois au cours des 15 années à venir. C’est assez dire que l’initiative privée est le seul levier à même d’insuffler, dans toute l’économie, le dynamisme économique à la hauteur des besoins. Mais pour se développer, le secteur privé doit pouvoir s’appuyer sur un secteur financier et des infrastructures efficaces. C’est pourquoi nous nous attachons à créer les conditions d’un marché financier performant : modernisation du système bancaire, création d’une industrie du capital-investissement et approfondissement des bourses locales. Parallèlement, nous investissons dans les infrastructures comme les communications, l’énergie, la santé, l’éducation, l’environnement ou le logement social. Ainsi, depuis 2002, la FEMIP a investi plus de 6 milliards d’euros dans les économies de nos partenaires, à 46 % dans des projets privés et à 54 % dans des infrastructures publiques. Lors de la Conférence FEMIP que vous avez organisée à Paris en mars dernier sur les flux financiers des travailleurs migrants, vous avez appelé au développement des coopérations bancaires en Euro-Méditerranée. En outre, depuis quelque temps, vous travaillez sur la mise en place de produits financiers innovants, comme par exemple au Liban, la titrisation. Quel est le sens de ces initiatives et pourrait-on les dupliquer au Maroc ou ailleurs ? Philippe de Fontaine Vive – Au-delà de notre appui financier, je considère que le rôle de la FEMIP est aussi de susciter des prises de conscience et de favoriser les échanges d’expérience. D’où notre appui à l’innovation financière et notre cycle de « Conférences Femip » – les prochaines porteront, en 2008, sur l’impact socio-économique de la micro-finance et sur les enjeux du tourisme. Notre expérience de la région démontre que la mobilisation de l’épargne et sa transformation en investissements productifs sont des problématiques communes à tous les pays partenaires, même ceux qui disposent d’importantes ressources financières. Deux exemples : une portion importante de l’épargne domestique de ces pays s’investit à l’étranger (7 milliards de US$ quittent annuellement les pays du Maghreb pour l’Europe et l’Amérique du Nord - NDLR) ; les travailleurs expatriés en Europe renvoient 15 à 20 milliards d’euros par an au pays, dont moins de 15 % sont orientés vers l’investissement local. Tout se passe donc comme si les pays partenaires les plus avancés avaient constitué une bonne part de leur classe moyenne en dehors de leurs frontières ; il est donc crucial d’aider ces pays à fixer cette épargne et à favoriser sa transformation en création d’emplois. Dans ce contexte, trois leviers me semblent importants. En premier lieu, la bancarisation des migrants et le développement de coopérations entre banques européennes et banques des pays partenaires autour du traitement de ces flux financiers : en effet, la bancarisation c’est d’abord un meilleur accès, à moindre coût, des migrants et de leurs familles aux services bancaires ; mais c’est aussi un formidable levier de modernisation des banques du sud par le transfert de savoir-faire qu’induisent le partage de clientèle, des produits financiers communs, les échanges de personnels, etc. En second lieu, il faut aider les pays du sud à transformer leurs flux financiers internationaux – dont ceux des migrants – en ressources de long terme pour le financement de l’investissement. Ainsi, à l’instar de ce qu’ont déjà développé les banques turques pour plus de 10 milliards d’euros, nous proposons aux pays partenaires de les aider à syndiquer des mécanismes de titrisation leur permettant de se refinancer à moindre coût sur les marchés internationaux des capitaux par des émissions obligataires garanties sur leurs flux financiers internationaux, lorsqu’ils sont importants et réguliers. En dépit d’un contexte difficile, nous avons bien progressé sur ce projet au Liban en vue d’une première opération de 100 millions d’euros que la Femip appuiera tant par ses financements que par de l’assistance technique. Je souhaite que cette expérience suscite l’intérêt d’autres pays partenaires. Parmi ces nouveaux produits, il y a aussi le financement en monnaie locale. À quels besoins cela répond-il ? Philippe de Fontaine Vive – Il s’agit de supprimer le risque de change pour des emprunteurs, typiquement des entreprises privées ou des projets en concession de services collectifs (gestion des eaux et assainissement, distribution d’énergie, transport, éclairage public, etc.) qui ne génèrent pas de recettes en devises. Pour ce faire, nous essayons de convaincre nos pays partenaires d’ouvrir leurs marchés financiers : c’est ainsi que nous empruntons en livres turques et égyptiennes depuis 2005 et 2006 – la livre turque est ainsi devenue la 4ème monnaie d’emprunt de la BEI en 2005 et 2006 ; certaines émissions-pilotes sont dites « synthétiques », c'est-à-dire avec l’euro ou le dollar comme monnaie de règlement, et les discussions progressent avec les autorités marocaines et tunisiennes. L’expérience importante que nous avons acquise dans des pays en transition d’hier (comme la Grèce, les pays ibériques ou d’Europe centrale) démontre que la présence de la BEI est un facteur significatif de modernisation des marchés et de catalyse de l’épargne locale. Au fil des années, vous avez élargi vos domaines d’intervention. Ainsi, au Maroc, la Femip s’est investie dans le « private equity » et soutient l’action du Fonds Hassan II pour le micro-crédit. S’agit-il d’une action à la marge ou d’un nouvel axe prioritaire ? Philippe de Fontaine Vive – Toujours la même philosophie d’action : renforcer le secteur financier et bancaire en faveur des entreprises. Le développement du capital-risque et l’échange d’expérience entre praticiens sont essentiels à l’essor des PME ; en quelques années, la Femip a soutenu la création d’une vingtaine de sociétés de capital investissement dans les pays partenaires – dont 8 au Maroc –, le dernier exemple en date étant le « Morrocan Infrastructure Fund », aux côtés d’Attijari Invest. Parallèlement, nous appuyons le développement de la micro-finance en faveur des entreprises individuelles et des TPE, en particulier au Maroc où nos prêts à quatre associations spécialisées totalisent 20 millions d’euros, et en Tunisie – dans ce cas avec du financement et de l’assistance technique. D’une manière générale, nous transposons, dans les pays partenaires, les meilleures pratiques de financement en vigueur dans l’Union. Selon le degré d’avancement de nos interlocuteurs, cette méthode est plus ou moins rapidement couronnée de succès ; je suis heureux de voir qu’au Maroc, les mutations de gouvernance bancaire et des méthodes de gestion nous ont permis de signer, en 2005 avec la BMCE, notre première opération bancaire sans garantie souveraine. J’ai fait de même avec Byblos Bank au Liban, fin 2005, et j’ai bon espoir que ces précédents puissent se multiplier. L’Union méditerranéenne, dont le président Sarkozy a avancé l’idée, est un concept encore en gestation. Quel est votre sentiment sur la manière dont ce projet pourrait s’articuler harmonieusement avec les dispositifs déjà en place : Euromed et politique européenne de voisinage... ? Philippe de Fontaine Vive – Les pays et les peuples de la Méditerranée ont une communauté de destin millénaire qui, malgré des problématiques culturelles, économiques et sociales partagées, a du mal à s’exprimer. Pourtant, il n’y a pas de fatalité méditerranéenne et l’histoire démontre que si l’on se concentre sur un nombre limité de problèmes concrets, on peut surmonter les divergences historiques ou sociologiques les plus fortes et fédérer l’adhésion des opinions pour un devenir commun. Ainsi, ce qu’il convient, à mon sens, d’organiser seraient une complémentarité forte et des valeurs ajoutées réciproques entre l’Union Méditerranéenne et la politique euro-méditerranéenne de l’Union européenne, dont les acquis sont majeurs. Je relève que le Président de la République française a indiqué à la XVème Conférence des Ambassadeurs, fin août dernier, que les institutions de l’Union européenne seraient membres de plein droit de l’Union Méditerranéenne qui se concentrerait sur quatre domaines prioritaires : le développement économique, la protection de l’environnement, la culture et la sécurité. Au cours de ces dernières années, plusieurs responsables des pays partenaires ont souhaité la création d’une banque méditerranéenne. Aujourd’hui, quelle est votre position, en tant que dirigeant de la Femip ? Philippe de Fontaine Vive – Dans le contexte nouveau esquissé par le Président de la République française et les initiatives hispano-italienne, une Agence ou une Banque de la Méditerranée aurait d’autant plus de sens qu’elle bénéficierait de l’expérience et de la solidité de la Femip. À travers la BEI, tous les États membres de l’Union participeraient à la nouvelle dynamique ainsi créée et les pays méditerranéens qui le souhaitent pourraient y entrer, c'est-à-dire être non seulement partie prenante à la réflexion – comme maintenant –, mais aussi à la décision. J’ajoute que cette formule aurait deux avantages décisifs : d’une part, permettre l’accélération du transfert de savoir-faire en me permettant de recruter des cadres des pays partenaires et, d’autre part, bénéficier dès sa création de l’assise de la BEI, la plus solide institution financière internationale. Si les pays européens et de la Méditerranée le lui demandent, la BEI est bien évidemment prête à mettre en oeuvre ce projet, illustration d’une nouvelle ambition méditerranéenne ! Entre 2002 et 2006, la FEMIP est devenue l’investisseur en capital le plus actif de la région Méditerranée Depuis sa création en octobre 2002, la Femip s’est confirmée comme l’acteur de référence du développement économique des pays partenaires et comme instance de dialogue sur les enjeux économiques de la Région. Son Conseil Ministériel annuel et son Comité Femip permettent d’associer les pays partenaires à la réflexion sur les priorités d’investissement et les réformes de structure. En moins de quatre années, la FEMIP a investi plus de 6 milliards €dans les neuf économies partenaires et mobilisé autour de son action 13,8 milliards supplémentaires apportés par les promoteurs des projets, les banques privées et les bailleurs de fonds internationaux. 46 % des opérations appuient le secteur privé local ou des investissements directs étrangers. A travers le secteur bancaire, 1 600 PME ont été financées. De plus, la Femip est devenue l’investisseur en capital le plus actif de la région avec une quarantaine de prises de participation, dont 22 dans des fonds de capital-investissement. Elle est ainsi l’actionnaire de plus de 750 entreprises qui emploient plus de 14 000 personnes, à 25 % des femmes. 54 % des projets contribuent à l’amélioration du climat des affaires et correspondent à 87 investissements ou programmes nationaux de modernisation de l’économie, notamment dans les secteurs des communications, de l’énergie, de l’environnement et des secteurs sociaux. Pour renforcer l’impact de son action et soutenir la dissémination de la connaissance, la Femip a également financé 64 opérations d’assistance technique, réalisé 7 études et institué le cycle des « Conférences Femip ». Elle est également partenaire de plusieurs réseaux d’instituts de sciences économiques, dont le FEMISE. 25 - Mondial-2007 - Le tourisme en hausse de 28% à Marseille en septembre 17.10.2007 Le chiffre d'affaires du secteur touristique à Marseille a enregistré une hausse de 28% en septembre 2007 par rapport à la même période de 2006 grâce à l'afflux de plus de 400.000 visiteurs venus pour le Mondial de rugby, a indiqué mercredi le maire de la ville Jean-Claude Gaudin. "Durant ce mois et demi de compétition, Marseille a accueilli plus de 400.000 visiteurs, une clientèle largement internationale, où les Néo-Zélandais, Australiens, Britanniques et même Argentins étaient très largement représentés", a affirmé l'élu UMP. En ce qui concerne la hausse du chiffre d'affaires touristique, certains secteurs de la ville ont enregistré des niveaux très élevés, comme la zone de l'aéroport qui a connu une croissance de 40%. Le taux de remplissage du stade Vélodrome qui a accueilli six matches (dont les quarts de finale Angleterre-Australie et Afrique du Sud-Fidji), a atteint 97%, soit un total de 345.000 spectateurs. Selon M. Gaudin, "d'après les études en cours, les retombées pour la seule ville de Marseille devraient dépasser les 50 millions d'euros". "La Coupe du monde de rugby a été aussi l'occasion d'une immense fête populaire qui a rassemblé, dans le meilleur état d'esprit, jusqu'à 30.000 personnes sur le Vieux-Port, le soir des quarts de finale, et 20.000 personnes, cours d'Estienne d'Orves (ndlr: où était installé un écran géant) pour la diffusion de la demi-finale France-Angleterre", s'est-il félicité. L'impact de la Coupe du monde a également eu pour effet une progression de 40% du nombre de licenciés dans les clubs de rugby de la ville. "Cette Coupe du monde que nous venons de vivre à Marseille, ne nous permet pas de rester dans l'anonymat du rugby en France", a estimé Gilbert Chevrier, président du comité Provence de la Fédération française de rugby (FFR), appelant de ses voeux l'émergence d'un club de haut niveau dans la ville. (AFP) 26 - La réforme des ports français se précise Marseille ALIETTE DE BROQUA. Publié le 20 octobre 2007 Ce nouveau chantier ne sera vraiment ouvert que lorsque le gouvernement en aura fini avec les régimes spéciaux de retraite. NICOLAS SARKOZY l'avait annoncée en juillet lors de sa visite à Marseille. Depuis, la réforme des ports autonomes se fait attendre et fait des impatients. À Marseille notamment. « Il faut agir très vite , souligne Roland Blum, député et maire des XI eet XII earrondissements de la ville. Nous traînons depuis trop longtemps ce problème. Le gouvernement aurait tort d'attendre encore. » En vingt ans, le port de Marseille a reculé de la première place en Méditerranée pour le transport de conteneurs à la onzième, et il continue à perdre des parts de marché. Selon ce proche de Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille, un projet de loi pourrait être présenté en Conseil des ministres en novembre, une fois passée la réforme des régimes spéciaux. « Il y aura un conflit si on ne fait rien , estime Roland Blum. Alors, il vaut mieux crever l'abcès rapidement pour repartir sur des bases assainies ! » , Il fait allusion à la CGT, hostile à toute réforme et qui n'a pas jugé utile de répondre aux sollicitations de Roland Blum quand il a consulté élus, chefs d'entreprise et représentants syndicaux pour faire ses propositions au gouvernement. Jacques Pfister, président de la chambre de commerce et d'industrie de Marseille, et Jacques Saadé, président de CMA-CGM, ont plaidé pour une transformation de l'établissement public en société anonyme du type des sociétés aéroportuaires. Il semble acquis que la loi-cadre que présentera le gouvernement maintiendra le statut actuel des ports autonomes. Toutefois, la composition de son conseil d'administration devrait évoluer. Le gouvernement ne renoncera pas à nommer le directeur général. Cependant, pour atténuer ce que les collectivités considèrent comme une ingérence sur leur territoire, Roland Blum demande que cette nomination soit soumise à l'agrément du conseil d'administration. Un conseil qui ne devrait plus comprendre des clients du port comme c'est le cas aujourd'hui. Un conseil de la communauté portuaire serait créé et disposerait d'un avis consultatif. Accord inapplicable Surtout, les ports seront recentrés sur leurs fonctions régaliennes (sécurité, capitainerie, gestion des infrastructures, organisation des concessions). Les activités concurrentielles (principalement la manutention) seront concédées au privé. « Dunkerque a commencé à le faire à l'amiable , analyse Roland Blum. Marseille n'en a pas été capable. C'est pourquoi une loi est nécessaire. » Pour l'élu, les salariés des ports autonomes, comme les portiqueurs, qui ont déjà un statut de droit privé, devront passer sous l'autorité directe des entreprises de manutention. La mise en oeuvre rapide d'une telle réforme aurait l'avantage de régler le problème de l'application de l'accord de sortie de grève conclu en mars à Marseille. La CGT avait obtenu que du personnel du port intervienne sur le terminal de Gaz de France devant être mis en service début 2008. Selon les dirigeants du port et de Gaz de France, il est inapplicable pour des raisons de sécurité et d'assurance. 27 - Développement de l’industrie pharmaceutique en Algérie L’État se désengage Les inquiétudes des opérateurs en pharmacie ne risquent pas de s’estomper surtout après les déclarations du ministre de l’Industrie hier à l’ouverture des travaux du colloque intitulé « Quelles perspectives de développement pour l’industrie pharmaceutique algérienne dans le nouveau contexte international ? », organisé par l’Union nationale des opérateurs en pharmacie (UNOP), à l’hôtel El Aurassi. Si le ministre de la Santé, Amar Tou, s’est contenté de donner l’ensemble des chiffres se rapportant à l’industrie pharmaceutique (importation, production nationale,etc.) sans porter de commentaires ni de jugements sur la situation actuelle de ce secteur, le ministre de l’Industrie et de la Promotion des investissements, Abdelhamid Temmar, a par contre clairement fait comprendre que l’Etat s’était désengagé de tout le secteur lié à l’industrie pharmaceutique, notamment de la production nationale. Néanmoins, il leur a donné des conseils pour rester compétitifs. « C’est à vous (les opérateurs ndlr) de réfléchir à la manière qui convient le mieux pour rationaliser le marché et vous organiser », a t-il déclaré en leur proposant une spécialisation de la production. Une démarche qui doit au préalable, selon lui, passer par la fusion des entreprises nationales pour la création de grandes entreprises et « mettre à votre disposition des économies d’échelles », a-t-il indiqué. La fusion Pour lui, « il n’y a plus de protection ou de mesures possibles d’encouragement de la part de l’Etat pour la production nationale » devant les engagements internationaux qui attendent l’Algérie, notamment pour son entrée à l’OMC. La seule solution qui reste pour un meilleur développement de l’industrie pharmaceutique est, d’après M. Temmar, la fusion. Il a par ailleurs exprimé la disponibilité de son secteur à porter une aide aux opérateurs à travers un conseil juridique qu’il mettra à leur disposition. « Je vous conseille d’aller vers la fusion et la mise à niveau des entreprises qui doivent se faire dans la mesure de cette fusion », a-t-il martelé. Il a déclaré que l’Etat veut faire du groupe Saidal un géant de l’industrie pharmaceutique pour s’imposer sur le marché mondial, à l’image des Jordaniens, et encourager l’émergence de petites entreprises pour servir ce géant . « Ce qui permettra au marché national de l’industrie pharmaceutique de devenir compétitif au niveau international », a-t-il ajouté, en signalant que la production nationale « est émiettée » et la consommation du générique reste très faible en Algérie, comparativement aux autres pays, notamment en Europe. Il est, selon lui, important d’engager rapidement un dialogue avec les opérateurs en pharmacie. Une proposition qui ne laisse pas indifférent le président de l’UNOP, M. Ziad, qui lui demande de les recevoir dans les meilleurs délais. Pour lui, la production nationale est en péril. Partant, il propose l’engagement d’une réflexion pour des formes de protection plus adaptées à un contexte de commerce ouvert et qui « n’entrent pas en conflit avec les règles de l’OMC, une négociation plus active de la problématique pharmaceutique dans le contexte de l’ascension et une plus grande compréhension des enjeux liés au système d’enregistrement et à la politique de remboursement ». « Une situation décourageante » Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Amar Tou, a de son côté mis l’accent sur les données chiffrées de l’industrie pharmaceutique. Il a signalé que la production nationale de médicaments a couvert 34,54% des besoins nationaux en 2006 contre 24,72% en 2004, tout en précisant que « cette couverture reste insuffisante ». S’agissant de la consommation des médicaments génériques, Amar Tou a précisé qu’elle était de 33,6% en 2004 pour passer à 37,72% en 2006 et pourrait atteindre les 41% à fin 2007. Quant à la facture d’importation des médicaments, le ministre de la Santé a souligné qu’elle a atteint 962 millions de d’euros en 2006 et 475,6 millions d’euros pour le premier semestre 2007. Il a affirmé, en outre, que l’Algérie a consacré 19 milliards de dinars dans la loi de finances 2008 pour l’importation des médicaments destinés au traitement des cancéreux, des maladies orphelines et des hépatites. Le président du Forum des chefs d’entreprise, Réda Hamiani, a affirmé que la situation actuelle de l’industrie pharmaceutique « est décourageante pour les opérateurs nationaux ». Pour ce qui est de l’adhésion de l’Algérie à l’OMC, M. Hamiani a estimé que l’Algérie ne peut rester isolée. « Mais les conditions de remodelage inquiètent les entreprises qui n’arrivent pas à suivre l’évolution. L’ascension doit se faire à des conditions très négociées, a-t-il conclu. « La mégafusion est une opération illusoire à court terme » Réagissant aux déclarations du ministre de l’Industrie, le président-directeur général de Biopharm, entreprise de fabrication de médicaments et vice-président de l’UNOP, Abdelmadjid Kerrar, a estimé que l’environnement actuel ne permet pas une mégafusion comme cela a été le cas dans les autres pays où elle s’est faite durant plusieurs décennies. Cette fusion, a-t-il expliqué, doit se faire graduellement. « L’Algérie ne peut pas passer d’une situation catastrophique à une mégafusion. Il est illusoire de croire pouvoir y arriver pour le moment », a-t-il indiqué. En signalant que les opérateurs demandent une transition qui permet aux entreprises de mieux s’organiser comme l’ont fait les autres pays. Quant aux investisseurs étrangers, M. Kerrar est catégorique : « Ils ne viendront pas en Algérie tant qu’il n’y a pas un cadre qui les contraints à investir », a-t-il souligné. Pour le secrétaire général de l’UNOP, M. Mellah, « cette fusion nécessite d’abord des outils réglementaires après avoir assuré une mise à niveau de tout l’environnement ». « Tout est entre les mains de l’Algérie » La représentante de l’OMC chargée de la propriété intellectuelle, Mme Thu Long Tran-Wasecha, a mis en relief les avantages que peut tirer l’Algérie de son adhésion à l’OMC. Ce qui lui permettra, selon elle, d’avoir un meilleur accès au marché mondial, de défendre ses intérêts et d’éviter d’être vulnérable. A la question de savoir à quel stade sont aujourd’hui les négociations avec l’Algérie, Mme Thu Long Tran-Wasecha s’est contentée de dire que « tout est dans les mains de l’Algérie » et d’ajouter : « De nombreux sujets ne sont pas encore clairs et les pays membres attendent toujours des réponses des négociateurs ». « L’adhésion de l’Algérie à l’OMC est possible dans les deux ou trois années prochaines » L’ancien ambassadeur de l’UE auprès de l’OMC, Paul Tran Van Thinh, a déclaré que l’adhésion de l’Algérie à l’OMC pourrait intervenir dans les deux ou trois années prochaines. Il a précisé que la place de l’Algérie au sein de cette organisation « est bien réservée » et que « l’Algérie a tout à gagner à accéder à l’OMC ». Pour lui, l’important pour les négociateurs algériens est de « bien se concerter » pour défendre les intérêts de l’Algérie en leur recommandant de « ne rien accorder sans contrepartie ». Djamila Kourta 28 - Créer une entreprise en Provence, c'est l'Amérique Publié le mardi 23 octobre 2007 Provence Promotion courtise les Français de Californie Retrouver ses racines et en profiter pour concrétiser en Provence le projet d'une entreprise innovante. Tel est le but poursuivi par l'agence économique Provence Promotion, qui depuis la fin de 2003 s'adresse aux populations francophones des États-Unis pour les inciter à rentrer au pays. "Et ça marche, puisque c'est la 9e fois que nous déclinons l'opération Home Sweet Home. L'édition que nous venons de boucler étant la 5 e du genre en Californie" , apprécie le maître d'oeuvre, Pierre Distinguin. Pourquoi la Californie ? "Parce que 70 000 Français y vivent. Ils ont un réseau baptisé Inter French. Parmi eux, on estime à 15 000 le nombre de personnes qui travaillent dans des entreprises de haute technologie. Notre coeur de cible" , poursuit Pierre Distinguin. C'est à Palo Alto, dans le comté de Santa Clara au nord de la Silicon Valley, que l'agence de promotion soutenue par la Chambre de commerce de Marseille Provence et le Conseil général des Bouches-du-Rhône, a officié. Rassemblant dans la soirée du 18 octobre, plus de cent participants. "Nous leur avons expliqué que Marseille change, qu'il y a ici une solide filière microélectronique avec un pôle de compétitivité mondial. Des entreprises qui nous ont accompagné ont témoigné. Le but est de montrer qu'il est possible d'entreprendre en Provence. Après, il y a des échanges et c'est là que les contacts se nouent avec des gens qui travaillent chez Google, Hitachi, Yahoo ou Business Object. Le reste est affaire de suivi" . Pierre Distinguin explique encore que les personnes intéressées ont le plus souvent le projet d'une entreprise dont ils imaginent qu'elle pourra être basée en France, mais sans pour autant rompre avec le réseau américain. "Ces gens recherchent une synthèse entre deux mondes. Généralement l'un des conjoints est Français, le projet a été mûri en famille" . Bref, la "fibre" aide Provence Promotion, qui travaille beaucoup par relation. Une démarche unique, qui en trois ans a abouti à la création de 60 entreprises et de 750 emplois dans la région. Par Jean-Luc Crozel ( jlcrozel@laprovence-presse.fr ) 29 - Les centres d’appels en plein boom La filière emploie 7.000 personnes en PACA et prévoit de créer 2.000 emplois cette année... L’objectif est de structurer une filière qui emploie 7 000 personnes en Paca, et qui prévoit de créer 2 000 emplois cette année. “Nous sommes des machines à intégrer et à recruter”, résume Christophe Famechon, président de la nouvelle fédération et ancien DG fondateur des services clients d’AOL Europe. Des CDI à temps plein Le secteur est en effet en plein boom et recrute en permanence. Pour Christophe Famechon, “le métier n’est pas facile mais il est ouvert à condition d’avoir le sens du service et de l’écoute”, et offre des emplois même aux personnes peu qualifiées. “Nous les formons à la gestion de la relation client et leur apprenons à gérer les situations conflictuelles. Avoir une bonne élocution n’est plus suffisant”, note Christophe Famechon. L’époque où celui-ci était un pourvoyeur d’emplois étudiants et n’arrivait pas à fidéliser les salariés est selon lui révolue : “75% des emplois proposés sont des CDI à temps plein. Quant au turn-over, il n’excède pas 10% par an.” Confrontés à la concurrence de pays du Maghreb comme le Maroc (où les salaires sont 60% inférieurs), les membres de la Fédération régionale de la relation client misent sur la formation et sur le haut de gamme : “Dans ce secteur comme dans celui de la confection, il y a un moment où le prix n’est plus le facteur déterminant et où la qualité prime”, plaide Joseph Perez, vice-président de l’antenne départementale du Medef. 3 – GÉOPOLITIQUE 31 - Les défis de l'élargissement de l'UE 01.10.2007 http://www.euractiv.fr Réformes institutionnelles et budgétaires, cohésion économique et sociale, limites géographiques, les enjeux de l’élargissement de l’Europe à moyen et long terme sont nombreux. Tour d’horizon des prochaines étapes et des questions posés par l'agrandissement de l’Union européenne. Le référendum français sur la Turquie aura-t-il lieu? La France montre son hostilité à l'adhésion turque Eclaircie sur les perspectives d’adhésion de la Turquie Développements récents et prochaines étapes : 2005 : la Croatie, la Turquie et la Macédoine obtiennent le statut de pays candidat. L’UE laisse entrevoir aux pays des Balkans occidentaux la perspective de devenir membres après avoir rempli les critères nécessaires 1er janvier 2007 : la Bulgarie et la Roumanie adhèrent à l’UE Juin 2007 : le Conseil européen accueille favorablement l’adoption de l'euro par Chypre et Malte au 1er janvier 2008. 2009 : Date à laquelle la Croatie espère adhérer à l'UE en tant que membre à part entière Contexte : Depuis ses origines, la Communauté européenne a été conçue comme une construction ouverte. Des six pays fondateurs en 1950 (Allemagne, Belgique, France, Italie, Luxembourg et Pays-Bas), aux 27 membres actuels, l’Union européenne est passée d’un espace de 185 à près de 492 millions d'habitants. Le traité sur l’Union européenne (article 49) dispose que tout Etat européen qui respecte les principes de liberté, de démocratie, des Droits de l’homme et des libertés fondamentales ainsi que de l’Etat de droit, peut demander à devenir membre de l’UE Entre 1957 et 1995, l’Union européenne s’est élargie par petites touches, passant de 6 à 15 membres. Avec la chute du mur de Berlin en novembre 1989, plus d’une dizaine de nouveaux Etats, libérés de la tutelle soviétique, aspirent spontanément à rejoindre les démocraties de l'Ouest, symboles de paix et de succès économique. Après l’adhésion à l’Union européenne, le 1 er mai 2004, de dix nouveaux membres (République Tchèque, Estonie, partie Sud de Chypre, Lettonie, Lituanie, Hongrie, Malte, Pologne, Slovaquie et Slovénie), l’accession de la Roumanie et de la Bulgarie, le 1er janvier 2007, a mis un terme à la cinquième phase d’élargissement de l’UE marquant ainsi la réunification de l’Europe de l’Ouest et de l’Est. Les prochains élargissements concernent maintenant l’Europe du Sud-Est . À l’automne 2005, l’Union européenne a ouvert des négociations d’adhésion avec la Croatie . Elle a aussi reconnu le statut de candidat à l’ancienne République yougoslave de Macédoine. Enfin, l’UE a plusieurs fois affirmé au plus haut niveau que la perspective d’adhésion à l’Union européenne des autres pays des Balkans occidentaux était envisageable, pour autant que ces pays remplissent les critères d’adhésion : l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro et la Serbie, y compris le Kosovo ( Lire le dossier Kosovo le compromis impossible ). A la tête du Conseil de l'UE à partir de janvier 2008, la Slovénie a adressé un message au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et aux chefs des Etats membres, à la fin du mois de septembre au sujet de la candidature serbe. Selon les Slovènes, Belgrade devrait obtenir le statut de pays candidat "au plus tard au premier semestre 2008, si elle rempli toutes les conditions nécessaires". Malgré la reprise du processus d’adhésion et une inflexion des positions de Nicolas Sarkozy sur le sujet, la Turquie, ne devrait pas adhérer à l’UE avant 2013. L’abandon éventuel de l'article 88-5 de la Constitution française, qui impose un référendum pour toute adhésion future, après celle de la Croatie -qui espère devenir membre en 2009- a été évoqué par le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet. Cette proposition personnelle n’a cependant pas été reprise par Nicolas Sarkozy. Votée début 2005, à l'approche du référendum sur la Constitution européenne, cette modification constitutionnelle avait pour objectif de rassurer des Français inquiets face aux élargissements de l'Union et aux perspectives d'adhésion turque. (Lire EurActiv 17/09/07 ) Malgré la mise en place par l’Union européenne de dispositifs tels que le libre accès au marché unique européen pour pratiquement toutes leurs exportations, ou la mise en place d’un soutien financier pour soutenir les réformes, ces pays - hormis la Croatie - restent encore loin de la ligne d’arrivée. Enjeux : Une réforme institutionnelle nécessaire Pour pouvoir fonctionner à 27, l’UE doit réformer ses institutions. Depuis le traité de Maastricht jusqu’à l’échec du traité constitutionnel en 2005, aucun compromis pertinent n’a été trouvé. Le Conseil européen de Bruxelles de juin 2007 a cependant permis de déboucher sur un accord entre les 27 visant à confier la rédaction d’un traité européen à une Conférence intergouvernementale. Cette-dernière a formellement été ouverte par la présidence portugaise de l’Union européenne le 23 juillet 2007. (Lire EurActiv.fr 30/08/07 ) Ce Traité modificatif amenderait les traités précédents, « en vue de renforcer l'efficacité et la légitimité démocratique de l'Union élargie et d'améliorer la cohérence de son action extérieure ». La démarche est différente de celle adoptée avec le Traité constitutionnel européen, qui était lui supposé remplacer les traités précédents. (Lire le dossier spécial Traité réformateur ) L’avenir du budget communautaire et des politiques communes L'augmentation du nombre d'Etats membres aux situations économiques variées demande également à l’UE certains efforts, notamment financiers. La politique régionale de l'UE est fondée sur le principe de la solidarité financière. Celle-ci se matérialise par une répartition des contributions des Etats membres s'effectuant prioritairement au bénéfice des régions et des groupes sociaux les moins favorisés. Cet élargissement sans précédent à 12 (10 plus la Bulgarie et la Roumanie) nouveaux Etats membres constitue par conséquent un véritable défi financier pour l’Union : tous les nouveaux pays membres devenant des « bénéficiaires nets » du budget européen (ils touchent plus qu’ils ne versent au budget communautaire). Les perspectives financières de l’UE sont l’expression de son projet politique. L’Europe à 27, 30 ou plus peut-elle continuer d’approfondir ses politiques communes existantes, ou en lancer d’autres ? Quelles sont les finalités politiques de l’Europe élargie ? Et quel sera son coût financier pour chacun des Etats membres ? Dès le début des négociations sur le nouveau cadre financier 2007-2013, six chefs d'Etat (Pays-Bas, Suède, Allemagne, Royaume-Uni, Autriche et France) représentant des pays « contributeurs net » au budget communautaire (c’est-à-dire donnant plus qu’ils ne reçoivent) ont demandé de limiter le budget à 1% du PIB. Après de nombreuses tractations, le cadre financier 2007-2013 a finalement été adopté, le 17 mai 2006, par le Parlement européen. Sur l’exercice 2007-2013, le budget s’élève donc à 864,4 milliards d'euros, soit 1,05% du PIB d'une UE à 27. Bien loin des 1,18% réclamés initialement par le Parlement. Députée européenne socialiste, Françoise Castex, a d’ailleurs voté ce montant déplorant que " l'Union européenne se prive des moyens nécessaires à une politique ambitieuse que réclament la réussite de l'élargissement et la relance de la croissance ". Le Conseil européen s’est néanmoins, engagé à ce que les perspectives financières 2007-2013 soient renégociées dès 2008. La consultation, ouverte le 12 septembre 2007 par le Président de la Commission européenne M.Barroso et le commissaire chargé du budget Dalia Grybauskait_, a pour vocation d’engager un processus de réflexion à ce sujet. (Lire EurActiv 13/09/07 ) Impacts économiques et sociaux Au sein de l’UE, le niveau du salaire moyen varie de 1 à 10. Quant aux seuils de pauvreté, même corrigés des différents niveaux du coût de la vie, ils passent de 1 à 5. Conséquences de Ces écarts considérables de niveau de développement ont fait réapparaître chez les citoyens les inquiétudes relatives au « dumping social ». L’absence d’une harmonisation des politiques sociales et fiscales crée une concurrence qui favorise les pratiques de «dumping social et fiscal» au sein de l’UE. Pour autant, le phénomène complexe des délocalisations n’a pas attendu l’élargissement de l’UE pour se développer et dépasse largement ses frontières. Quant à la libre circulation des travailleurs, qui est l’un des principes fondateurs du Marché unique, elle provoque également quelques inquiétudes. Chaque pays a d’ailleurs adopté des positions différentes concernant l’ouverture de son marché du travail aux ressortissants de nouveaux pays membres. De fait, l'unification de 27 pays européens au sein de l'Union européenne pose à nouveau la question de "l'Europe sociale". Décider de normes communes européennes est plus difficile dans le cadre d’une Union à 27. Aujourd’hui, l’élargissement aux pays d’Europe centrale et orientale met en exergue les difficultés de la construction d’une l’Europe plus sociale . L’hétérogénéité de systèmes reflétant des histoires nationales différentes est indissociable de cette construction. L’Europe quelles frontières ? Une réponse politique Pour toutes ces raisons, les autorités françaises, entre autres, ont attiré l’attention de leurs partenaires sur la nécessité de ne pas mettre en danger, du fait d’une politique d’élargissement mal maîtrisée, la capacité de l’Union à maintenir l’élan de l’intégration européenne. A la suite du non français au référendum sur le projet de Constitution en 2005, Jacques Chirac a insisté auprès de ses partenaires, lors du Conseil européen de juin 2006, pour que l'Union européenne réfléchisse à sa capacité d'absorption avant tout nouvel élargissement En mai 2006, Olli Rehn, commissaire en charge de l’élargissement a estimé que la « capacité d’absorption » consistait à déterminer « si l’UE peut accepter de nouveaux membres et continuer à fonctionner efficacement.» Essentiellement motivée par un euroscepticisme grandissant des opinions publiques des 15 « anciens » membres de l’UE vis-à-vis de l’élargissement, la Commission européenne a donc introduit cette notion dans son « document de stratégie pour l’élargissement ». De son côté, le Parlement européen a adopté, le 16 mars 2006, une résolution sur les élargissements futurs de l'UE. Dans ce texte, le Parlement indique que si l'UE souhaite intégrer de nouveaux États membres, elle devra être en mesure de les absorber. A cette interrogation s'ajoute la question des "frontières" de l'Union : jusqu'où l'Union doit-elle s'élargir ? Selon les Traités, seuls les Etats européens peuvent adhérer à l'UE. La définition du critère « européen » n’est cependant précisée nulle part. Faut-il se limiter aux critères géographiques traditionnellement admis ou inclure des considérations géopolitiques ? Ce débat est particulièrement vif depuis l’ouverture, en octobre 2005, des négociations d'adhésion de la Turquie. Afin de réfléchir à l’identité de l’UE et à ses frontières, Nicolas Sarkozy a appelé à la création d’un comité des sages au niveau européen. Chargé de formuler des propositions sur la mission, les valeurs et les relations de l’Union européenne avec ses voisins au cours des 20 prochaines années, ce groupe d’expert devra rendre ses conclusions après les élections européennes de juin 2009. La définition de « nouvelles frontières » pose enfin la question des rapports de l’Union élargie avec ses nouveaux voisins, comme la Russie et l’Ukraine à l’Est, ou les pays du pourtour méditerranéen. En décembre 2002, le Conseil européen réuni à Copenhague a débuté une politique de « nouveau voisinage » avec les pays frontaliers de l'Union qui n'ont actuellement aucune perspective d'adhésion. Il s'agit de la Russie, des nouveaux États indépendants d'Europe orientale (Ukraine, Moldavie et Biélorussie) et des pays du sud méditerranéen (Algérie, Égypte, Israël, Jordanie, Liban, Libye, Maroc, Autorité palestinienne, Syrie et Tunisie). L'objectif de cette politique est d'assurer des relations étroites et pacifiques entre ces États et l'Union fondées sur la coopération. Plus spécifiquement, il s'agit de réaliser à terme une vaste zone assurant la libre circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux. La création d’une Union euro méditerranéenne est également à l’ordre du jour. Selon le président français, l’élargissement ne peut être la seule réponse pour assurer la stabilité des voisins de l’UE. (Lire EurActiv 24/09/07 ) La question des frontières pose celle de l'avenir de l'Europe, de sa nature et de son rôle dans le monde. L’élargissement de l'Union européenne a donné à l'Europe un rôle majeur sur la scène internationale. Première puissance commerciale et industrielle du monde, l'UE et ses Etats membres sont aussi les premiers donateurs en faveur des pays en développement. Positions : Le 23 janvier 2007, Geoffrey Hoon, ministre britannique délégué aux Affaires européennes , plaidait devant la Commission des Affaires étrangères du Parlement européen, en faveur de l’élargissement de l’Union. Sans nier les inquiétudes qu’un développement peut-être trop rapide de l’UE, notamment en ce qui concerne les problèmes d’immigration et de criminalité, peuvent soulever dans l’opinion, le ministre britannique voit dans l’intégration des pays candidats « un moyen essentiel de garantir la stabilité, la prospérité et la justice dans notre voisinage immédiat ». Sur la Turquie, Geoffroy Hoon s’est dit « convaincu que l’Europe ser[ait] plus prospère, plus efficace sur la scène internationale et plus sûre avec elle », tout en admettant que ce pays devrait satisfaire à tous les critères d’adhésion et poursuivre ses réformes avant d’adhérer à l’UE. Dans le même sens, le secrétaire d'État portugais aux Affaires européennes, Manuel Lobo Antunes , a rejeté l'idée formulée par Nicolas Sarkozy au début de la présidence portugaise d'un débat sur les frontières de l'Europe en décembre 2007, et ajouté : « Toutes les négociations d'adhésion ont un but : l'adhésion, une fois que les critères sont remplis. Les accords souscrits par les Etats membres doivent être respectés. Nous pensons qu'il est fondamental que la Turquie rejoigne l'Union européenne une fois qu'elle aura rempli tous les critères.» M. Lobo Antunes a confirmé par la suite que son pays était opposé à toute rupture de la «dynamique d'adhésion» et que «les engagements devaient être honorés.» Face à ce camp solide et structuré dirigé par la Grande-Bretagne, qui s’appuie sur les nouveaux Etats membres, ainsi que sur la Finlande et la Suède ou l’Espagne, la France apparaît assez isolée. Nicolas Sarkozy s’est prononcé contre l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne à de nombreuses reprises. « La Turquie n’a pas sa place dans l’Europe car elle est en Asie mineure » a-t-il une nouvelle fois déclaré lors d’une intervention télévis

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