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Juin 2008 (N°60)

 

 

 

Sommaire :

ÉDITORIAL : Méditerranée : le flair imparable de Kadhafi,  

VIE DU CLUB :

A – LA MEDITERRANÉE…UN GRAND DESSEIN POUR L’EUROPE ?

B - Nicolas Boyadjis est décédé

1 - ÉVÉNEMENTS

11 – RECOMMANDATIONS DE LA Rencontre d’Écrivains et D’intellectuels pour le dialogue interculturel Europe-MéditerranÉe,

2 - ÉCONOMIE

21 – Un groupe d'entreprises pionnières soutient IPEMed depuis l'origine : 

22 - Financement des PME de la Méditerranée

23 - Tunisie : Zone de libre échange frontalière avec l’Algérie.

24 - Invest In Med, un catalyseur d’initiatives

3 - GÉOPOLITIQUE

31 - La Grèce, une future province allemande ?

32 - L'Algérie et la France signeront un accord cadre de coopération nucléaire

33 – Le Maroc réitère son engagement «résolu» pour la coopération Sud-Sud

34 – Maroc Barcelone: L'Union pour la Méditerranée ne se définit ni par substitution ni par compensation

35 - Le ministre iranien de la Défense annonce une riposte sans limite à toute attaque

36 - L’Algérie, c’est aussi la Méditerranée

4 - SOCIÉTÉ

41 – Dialogue des civilisations : Le message de l’Algérie

42 - «Le Maroc au féminin» La contribution de femme marocaine mise en exergue

43 - Quand Oumma.com "libère la parole" sur les questions de sexualité dans l'islam

44 - "Déclaration d'Antalya sur les indications géographiques relatives aux produits alimentaires méditerranéens et le développement local"

45 – «L'expérience du système de l'unité de la ville au Maroc»

46 - Tunisie: inquiétante montée en puissance de l'extrémisme religieux

47 - «Le projet de l’union pour la Méditerranée ne peut pas réussir sans l’Algérie»

48 - La Provence n'a pas à craindre le manque d'eau

5 – EUROMED

51 - Henri Guaino : "Les peuples riverains de la Mediterranée doivent s'unir pour assumer leur part de destin commun"

52 – UNION POUR LA MÉDITERRANÉE Le projet «décortiqué» à Alger

53 - Union pour la Méditerranée : Rencontre avec des membres de l’Institut de Prospective Economique du Monde méditerranéen

54 – UNION POUR LA MÉDITERRANÉE Pourquoi l´Algérie doit refuser d´adhérer

55 – Me Wade contre le projet d'Union pour la Méditerranée de Sarkozy 
PANA

56 – Union pour la Méditerranée «Cette mer doit nous unir et non nous séparer»

57 – L’Algérie est importante pour l’Union pour la Méditerranée

58 – Union pour la Méditerranée : « un projet qui manque de maturité politique »

59 – La Méditerranée a besoin d'un Maghreb uni

59/1 – L'UE peut-elle être un leader mondial de la lutte contre le changement climatique ?

59/2 - Mouammar Kadhafi rejette le projet d'Union pour la Méditerranée

59/3 – Euro-méditerranée / Nouveau Bureau de l’Assemblée parlementaire euro-méditerranéenne (APEM)

59/4 – Union pour la Méditerranée

59/5 - "L'Union pour la Méditerranée, c'est gagnant-gagnant"

59/6 - LA REVUE EL DJEICH ET L’UNION POUR LA MÉDITERRANÉE

59/7 - Union pour la Méditerranée: Kadhafi explique sa position

59/8 – Paroles d’experts méditerranéens

59/9 - Union pour la Méditerranée

59/10 - Union pour la Méditerranée : Le Maghreb plus enthousiaste que l’Europe

59/11 - Union pour la Méditerranée: Kadhafi reçoit un émissaire de Nicolas Sarkozy

59/12 - Pour un vrai partenariat énergétique méditerranéen

6 – CULTURE

61 - RECOMMANDATIONS DE LA Rencontre d’Écrivains et D’intellectuels pour le dialogue interculturel Europe-Méditerranée,

62 - Agreed Conclusions of the third Euro-Mediterranean Conference of Ministers of Culture

63 - PREMIER CONCOURS ARTISTIQUE DE LA CCI MARSEILLE PROVENCE

64 -  Musée des civilisations: accord de l'Etat

7 – HISTOIRE

8 – SCIENCES & TECHNOLOGIES

81 - Pôles de compétitivité : trois ans de plus et 1,5 milliard d'euros

9 – OPINIONS

91 – Union pour la Méditerranée : peut-on faire confiance à Sarkozy ?

92 - L’Union pour la Méditerranée, vision d’avenir ou économie de bazar

93 – Algérie – UPM : Le jeu fourbe de Bouteflika

94 - ELECTRON LIBRE : Pour qui, l'union pour la méditerranée
Abdelkader Dehbi

95 – Les objectifs inavoués de l’Union pour la Méditerranée

96 - Méditerranée : le flair imparable de Kadhafi,

97 - Union pour la Méditerranée, étrange projet

98 - Jean-Pierre Chevènement plaide pour une Europe plus démocratique
ÉDITORIAL : Méditerranée : le flair imparable de Kadhafi,

par Raphaël Liogier

LE MONDE | 24.06.08

ême si l'on apprécie peu le style tapageur, les provocations répétées, l'esthétique excentriquement bédouine du colonel Kadhafi, il faut reconnaître humblement qu'il a visé parfaitement juste et tiré là où cela fait mal lors du mini-sommet de la Ligue arabe le 10 juin à Tripoli, face à ses collègues chefs d'Etat restés bouche bée.

Qui pourrait nier, précisément, que le concept d'Union pour la Méditerranée (UPM) n'est pas seulement un affadissement de l'initiative originelle de Nicolas Sarkozy mais son abandon pur et simple pour revenir au processus euroméditerranéen de Barcelone, déjà en échec ?

Autrement dit, pour revenir à une logique d'intervention, de promotion, d'aide en direction des pays de la rive Sud : faire de la Méditerranée non pas un centre en lui-même, le coeur d'une nouvelle dynamique, mais une périphérie, une sorte de lac européen, une banlieue, une mare nostrum ainsi que la voyaient les Romains à l'époque impériale et à leur suite le grand historien Fernand Braudel qui n'accepta jamais que les Arabes, hommes du désert, malgré leur implantation séculaire au Maghreb et au Machrek, puissent être d'authentiques Méditerranéens.

Il est, dès lors, emblématique qu'il revienne à celui qui se présente par excellence comme un homme du désert, un nomade qui ne dort jamais aussi bien que sous sa tente et auprès de ses chameaux, de jeter un pavé dans cette mare... Méditerranée qui est l'objet actuel de toutes les convoitises.

Voilà la signification profonde de cet énigmatique "pour", si satisfaisant pour l'Allemagne et quelques autres, qui est venu s'intercaler perversement entre les mots "Union" et "Méditerranée" : faire de ce bassin une zone d'influence, de développement contrôlé.

REFUS DE SE MÉLANGER

De sorte que, contrairement au projet initial qui avait vocation à regrouper les pays des deux rives, et seulement eux, l'UPM pourra comprendre des nations européennes continentales désireuses de s'investir, ou plutôt d'investir, "pour" la Méditerranée.

Or, l'originalité historique de l'initiative Sarkozy, aujourd'hui réduite à néant, tenait justement dans l'arrêt de cette façon européenne condescendante, développementaliste et prédatrice, bref gentiment impériale, de regarder vers le Sud. Il s'agissait, au-delà des intentions institutionnelles, plus ou moins utopiques, peu importe, d'un changement de perspective, d'un nouveau regard. Le chef bédouin a bien compris que la France n'avait pas réussi à imposer ce nouveau regard, et que, insidieusement, nous retournions vers une politique d'apartheid, de développement séparé, non pas des races comme jadis en Afrique du Sud, mais des deux rives.

Le "pour" est en effet destiné à faire de la rive sud une zone euro, une zone d'investissement, permettant sous prétexte d'accord économiques et culturels privilégiés de mettre à distance maîtrisée des amis si difficiles à gérer.

Car l'aide contrôlée est aussi synonyme de dépendance. C'est donc, en réalité, une Méditerranée "pour" l'Europe qui se profile ainsi : terrain de jeu économique culturellement pacifié, au moins religieusement sécurisé si ce n'est civilement sécularisé, disons un terrain de jeu sur lequel on aura, Inch'Allah, réussi à endiguer l'islamisme, ultime frayeur de l'Occident.

Le "pour", c'est le refus de se mélanger aussi ferme que la volonté de tirer profit. Derrière la rhétorique de l'amitié et des bonnes intentions, le flair de l'homme du désert Mouammar Kadhafi a clairement senti tout cela, lui qui lança rageusement : "Nous ne sommes ni des affamés ni des chiens pour qu'ils nous jettent des os."

Raphaël Liogier est professeur des universités à l'IEP d'Aix-en-Provence.

VIE DU CLUB :

A – LA MEDITERRANÉE…UN GRAND DESSEIN POUR L’EUROPE ?

Les 10ièmes entretiens du Club de Marseille ont eu lieu en coopération avec l’Institut de la Méditerranée, le Réseau des Instituts Méditerranéens et la CRPM le 19 juin 2008 à Marseille à 17h30 au World Trade Center

Prés de 80 participants ont suivi ces entretiens honorés par les présences de Michel VAUZELLE (Président du Conseil Régional PACA) et jacques PFISTER (Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Marseille- Provence) et Jean ROATTA représentant Jean-Claude GAUDIN Maire de Marseille.

De gauche à droite : Pr. Lena KOLARSKA-BOBARSKA, Michel VAUZELLE, Jacques PFISTER, Henry ROUX-ALEZAIS, Pr. Pierre BECKOUCHE, Battistina CUGUSI, Jean-Claude TOURRET et Philippe CICHOWLAZ

De gauche à droite Henry ROUX-ALEZAIS, Philippe CICHOWLAZ, Aziz CHERKAOUI et Battistina CUGUSI

 

L’initiative Processus de Barcelone :Union pour la Méditerranée a eu le mérite de relancer l’intérêt des Européens pour leur sud. Conçu à l’origine comme un projet séparé de l’Union Européenne, il est devenu à la demande des partenaires de la France, une composante à part entière du partenariat euro méditerranéen qui prend la forme d’une coopération renforcée telle que prévue dans le Traité de Nice. Une structuration politique va être mise en place dotée d’un secrétariat permanent. L’initiative se traduira par le lancement de « projets concrets » dans des domaines qui déjà largement couverts par la politique européenne de voisinage mais sur lesquels on espère de nouvelles mobilisations, en particulier, financières. 

Au delà de cette initiative, l’intérêt croissant porté par l’Europe à la Méditerranée va conduire à une relance de  la politique méditerranéenne de l’Europe qui va enregistrer des évolutions importantes dans le cadre de la politique de voisinage. 

L’Europe va, en effet, connaître au cours des prochaines années la dernière étape du processus d’élargissement. Se pose alors la question des relations que cet ensemble politiquement intégré va devoir construire avec les pays qui l’environnent. La politique dite de voisinage lancée en 2003 par la Commission Européenne, principalement axée sur les aspects sécuritaires et sans véritable contenu politique, ne répond qu’imparfaitement à cette question.

Or, progressivement se dégage l’idée que la position de l’Europe dans un monde de plus en plus globalisé dépendra de sa capacité à organiser un espace économique, social et environnemental qui dépasse largement ses frontières actuelles et englobe une cinquantaine de pays qui gravitent autour des trois mers que sont la Méditerranée, la mer Noire et la Baltique. Cet espace intégré de prés de 800 millions d’habitants n’est pas une utopie. Il est actuellement en formation comme le montrent les récents travaux de l’ORATE.

Cette vision d’une Europe élargie suppose une profonde transformation des politiques européennes qui ne doivent plus s’arrêter aux frontières de l’Europe mais être offerte avec la même intensité aux pays voisins en contrepartie d’une mise à niveau normative au plan économique, social et environnemental qui les rapproche de l’Europe.  On peut, à partir de là, imaginer que les politiques structurelles dont ont bénéficié les pays de l’adhésion puissent être étendue aux pays du voisinage. Il pourrait en être de même des autres grandes politiques européennes que sont la politique agricole commune, la politique de recherche ou celle des transports. Des réflexions devraient être engagées dans ce sens au niveau européen qui pourraient déboucher sur de nouvelles perspectives financières pour la période 2014-2020.

Dans cette perspective qui se dessine, la Méditerranée se situe bien évidemment en première ligne. Réussir en Méditerranée, c’est se donner les moyens de réussir dans les autres espaces du voisinage.  Et le projet Processus de Barcelone :Union pour la Méditerranée n’a de sens que s’il s’inscrit dans une perspective plus large de construction d’un ensemble continental européen intégré et ouvert sur le monde.

Le Réseau des Instituts Méditerranéens (RIM) qui réunit les principaux « think tanks » de l’espace méditerranéen et animé par l’Institut de la Méditerranée, a pris l’initiative, à quelques jours du Forum des Autorités locales et régionales et à quelques semaines de la réunion des chefs d’Etats de la Méditerranée, de se réunir à Marseille en association avec le Club de Marseille pour proposer cette nouvelle vision de l’Europe et de sa politique méditerranéenne. Le RIM souhaite, à cette occasion, lancer un appel pour une transformation en profondeur de la politique méditerranéenne de l’Europe allant dans le sens d’une extension aux pays qui le souhaitent et selon des modalités à définir avec eux, de l’ensemble des politiques internes de l’Europe et particulièrement de la politique de cohésion dans un objectif de convergence économique, sociale et environnementale.

B - Nicolas Boyadjis est décédé

à l’age de 79 ans des suites d’un arrêt cardiaque dans la nuit de vendredi à samedi 14 juin.
Militant infatigable de la cause méditerranéenne , dirigeant fondateur de la Cie Sudcargos, longtemps représentant de la Chambre de commerce franco-arabe, Consul général honoraire de Chypre, il fut le fondateur de l’IMED, l’Institut méditerranéen pour l’économie et le développement, et l’organisateur de rencontres et d'actions méditerranéennes de grande qualité.

 

 

1 - ÉVÉNEMENTS

11 – RECOMMANDATIONS DE LA Rencontre d’Écrivains et D’intellectuels pour le dialogue interculturel Europe-MéditerranÉe,

SOUS L’IMPULSION DE LA COMMISSION EUROPÉENNE ET DE L'Institut europÉen de la MéditerranÉe (IEMED), ORGANISÉE LE 23 MAI 2008 À BARCELONE

- Considérant qu’il est nécessaire de renforcer le Processus de Barcelone et en particulier son troisième pilier relatif à la société et à l’échange culturel, ce qui pourrait inciter les instances européennes à réévaluer leurs politiques au regard des sociétés de la Méditerranée ;

- Convaincus que le dialogue, le rapprochement entre les peuples et la justice sont les moyens les plus appropriés pour mettre fin à la violence et promouvoir la paix, nous nous sommes réunis dans le but de formuler des recommandations à caractère instrumental :

FAIRE DE NOUVEAU DE LA CULTURE UN INSTRUMENT DU PROGRÈS

La culture doit se réapproprier son rôle de catalyseur symbolique et éthique du progrès humain et les relations interculturelles doivent contribuer à traiter des questions sociales, politiques et économiques communes en dépassant les frontières identitaires. La culture doit permettre la mise sur pied de plates-formes de travail communes abordant les préoccupations largement partagées par l’opinion publique de la région euro-méditerranéenne, et qui, loin de diviser, rapprochent, par leur caractère transnational (par ex. la cohésion sociale, le développement durable, le changement climatique, l’égalité entre les sexes ou le développement artistique et culturel).

CRÉER LES CONDITIONS NÉCESSAIRES POUR INSTAURER LE DIALOGUE

De notre avis, les conditions suivantes sont indispensables pour nouer un dialogue :

- La volonté sous ses deux aspects : d’une part, une volonté humaniste et altruiste, et d'autre part une volonté stratégique permettant d’instaurer le dialogue grâce au pragmatisme d’un monde meilleur, en vue d’une cohabitation plus réussie.

- La réceptivité : le dialogue suppose une discussion entre les personnes ou groupes de personnes aux points de vue éventuellement divergents dans le but de dégager un compromis ou un accord.

 Dans le même sens, la connaissance et la reconnaissance d’un patrimoine culturel commun (tant historique que géographique et philosophique) sont des éléments clés pour la compréhension mutuelle.

- La concrétisation : il est plus important de tenir un dialogue visant à apporter des solutions concrètes ou à répondre à une question spécifique – un dialogue instrumental ou constructif – qu’un dialogue abstrait. Il va sans dire que le dialogue s’impose pour connaître les idées de l’autre, mais il ne suffit pas.

- La suppression des malentendus : il s’agit d’essayer de minimiser les risques de conflit et de trouver la méthode la plus adéquate pour passer outre les frontières entre le locuteur et la personne qui l’écoute. Dans un souci d’efficacité, le dialogue doit traiter d’un terrain commun, d’un accord sélectif et d’un consensus provisoire.

- Le pluralisme et la reconnaissance des différences : dialoguer ne signifie pas renoncer à soi-même pour faire plaisir à l’autre, car dans ce cas, ce n’est plus dialoguer mais bien se soumettre à l'autre. Il ne faut surtout pas penser que seuls les grands groupes communautaires ont des divergences de points de vue ; nous devons également composer avec les différences internes.

- Le courage et l’éthique : les espaces d’expression et d’initiative citoyenne souvent limités exigent de faire preuve de « courage politique » pour donner naissance à des initiatives de dialogue en respectant une éthique commune. Par « courage », on entend traiter des conflits sans les ignorer, en tenant compte des asymétries entre les aspirations des sociétés civiles et les structures du pouvoir.

LOCALISATION GÉOGRAPHIQUE DU DIALOGUE

- Le dialogue interculturel ne peut être réduit au seul axe Nord/Sud ; il doit aussi être engagé sur les axes Sud/Sud, Est/Est et même Ouest-Ouest.

- L’évaluation de la conception méditerranéenne de l’identité, résultant d’interpénétrations cosmopolites, permet par ailleurs de prévenir la dérive de la fragmentation identitaire de nos sociétés. Ne perdons pas de vue que le nouveau cosmopolitisme repose sur des compromis et qu’il est en outre mené par des agents transnationaux, tels que des élites professionnelles et des émigrants.

- Le dialogue européen et méditerranéen passe par diverses langues reproduisant une vision du monde qui leur est propre. Le respect et la connaissance de la diversité linguistique sont des outils susceptibles d’améliorer le dialogue.

ACTEURS ET LIBERTÉ D’ACTION

Dans la perspective d’une nouvelle politique culturelle en faveur du dialogue, les groupes sociaux ou les structures organisées suivantes peuvent être des partenaires de prédilection :

Les jeunes : il est primordial de les sonder continuellement ; il faut donc des formateurs capables de transposer le contenu de nos projets dans la pratique au quotidien.

Les femmes : elles occupent une place de choix dans le système éducatif, en tant que professeurs, et dans le système social, comme mères ; elles sont donc prédisposées à devenir des vecteurs de transmission de messages interculturels. 

Les communautés d’immigrants dans la région : leur expérience et leur statut de « ponts culturels » entre les deux rives méditerranéennes sont autant d’avantages pour le dialogue interculturel.

Les autorités locales et régionales : les villes, les communes et les régions sont des alliés pour le dialogue, compte tenu de leur proximité avec les citoyens et de leur exposition aux conflits interculturels.

Les opérateurs et les industries culturelles : leurs programmes embrassent un large public et peuvent avoir des répercussions sur les politiques culturelles publiques. Les petites et moyennes entreprises culturelles peuvent élargir la capacité d’action culturelle.

Les médias : les entreprises de communication ont une influence considérable sur le public. Si les bénéficiaires de ces informations sont conscients de la diversité culturelle de la région et des défis interculturels, il y aura moins de partialité dans l’utilisation des images et de l’actualité.

DOMAINES D’ACTION SPÉCIFIQUE

a) Éducation

- Réviser les manuels d’histoire : les visions ethnocentriques dispensées dans l’enseignement primaire et secondaire peuvent nourrir des sentiments de haine et d’aversion chez les jeunes générations, puisqu’elles créent des stéréotypes. Pour être efficace, l’enseignement de l’histoire doit tenir compte des apports et contributions culturels mutuels des sociétés méditerranéennes.

- Promouvoir la mobilité et la libre-circulation des personnes et des idées en facilitant les procédures d’octroi des visas aux protagonistes de la coopération : professeurs, étudiants, enquêteurs, intellectuels et artistes.

- Renforcer la coopération interuniversitaire.

- Priser les classiques des différentes cultures, ainsi que les mythologies comparées, mais pas uniquement en Europe. Les pays arabo-musulmans devraient promouvoir l’étude de leurs grands classiques.

- Mettre sur pied une banque de données thématiques attrayantes sur la Méditerranée relatives à la musique, l’art ou la littérature, afin de les présenter aux écoliers et interconnecter les principales bibliothèques de la région.

- Former à la cohabitation : faire en sorte que la formation des jeunes citoyens ne soit pas uniquement une question scolaire, mais qu’elle soit également liée à la famille, aux médias et au monde des entreprises. L’ensemble de la société doit se charger de l’éducation des jeunes, afin de leur inculquer des valeurs utiles.

- Favoriser tout ce qui a trait à la « pédagogie interculturelle », à savoir ce qui préconise la diversité et la pluralité, en ce compris l’étude des langues méditerranéennes.

b) Communication et médias audiovisuels

- Mobiliser les médias afin qu’ils soient des acteurs de la diffusion des cultures méditerranéennes.

- Création d’un Observatoire méditerranéen des médias et mise en place d’un code de déontologie sur les productions audiovisuelles. Les médias devraient accepter en guise de norme éthique de ne pas diffuser des stéréotypes culturels et, dans tous les cas, de les éviter (ou d’analyser objectivement leur utilisation).

- Promouvoir la formation et l’échange des journalistes : organiser des séminaires pour les journalistes, des contacts entre les journaux, ainsi que des programmes de formation pour jeunes journalistes, connaître la pluralité des cultures en jeu et fuir les visions chauvinistes.

- Promouvoir le multilinguisme : certains médias pourraient adopter le multilinguisme afin d’entrer en contact avec divers publics. La création de petites radios locales, peu coûteuses, s’avère souvent très efficace pour les populations locales isolées, et fréquemment analphabètes.

- Appuyer les médias indépendants offrant davantage de liberté d’expression et permettant le débat ainsi que des informations plus variées.

c) Création littéraire et artistique

- Promouvoir la création artistique : face à la difficulté actuelle de séparer la création artistique et littéraire et la pensée des mécanismes du marché, il est indispensable de créer de larges réseaux de mécénat solvables, conclus entre les différents secteurs publics et privés, mais visant avant tout l’excellence. Favoriser l’émergence des industries culturelles dans le sud méditerranéen. Promouvoir les concours artistiques internationaux dans le cadre desquels certains chasseurs de têtes peuvent découvrir de nouveaux artistes.

- Faciliter la mobilité et la créativité des artistes : promouvoir les échanges et les jumelages culturels entre artistes, ce qui permettrait aux uns et autres de mieux se connaître, se comprendre, s’apprécier et ainsi créer des relations durables entre les peuples divers et pluriels.

 La création artistique en général – peinture, sculpture, architecture, musique, cinéma, théâtre, etc. – doit cesser de s’installer dans la dichotomie à la fois banalement populaire et intellectuellement élitiste, liée dans le même temps aux lois du marché et à la spéculation. Il faut stimuler les coproductions de différents pays.

- Divulguer la culture méditerranéenne et universelle : traductions réciproques de la littérature des pays voisins dans le cadre de certains programmes européens, surtout en arabe, d’œuvres scientifiques, littéraires ou artistiques, en tenant compte de la diversité linguistique euro-méditerranéenne.

- Veiller à une plus grande visibilité de la production culturelle et littéraire des femmes.

Barcelone, 23 mai 2008.

 

2 - ÉCONOMIE

21 – Un groupe d'entreprises pionnières soutient IPEMed depuis l'origine : 

AFD

Air France

Alstom

Areva

CNCE/Oceor

EADS

KPMG

Laboratoires Servier

La Poste

SNCF

Sofiproteol

Suez Environnement

Suez-GazdeFrance

L'IPEMed développe également des actions en direction des PME.

22 - Financement des PME de la Méditerranée

Favoriser les coopérations bancaires transnationales

Philippe de Fontaine Vive, vice-président de la Banque européenne d'investissement, explique ses nouvelles orientations pour les petites et moyennes entreprises de l'Afrique du Nord.  La BEI  prête chaque année près de 2 milliards d'euros aux neuf pays de la Méditerranée partenaires de la politique européenne (Algérie, Égypte, Israël, Jordanie, Liban, Maroc, Autorité palestinienne, Syrie et Tunisie), notamment pour les PME. "Nous allons proposer aux ministres de ces pays la même gamme de services que celle que nous avons déployée pour les PME en Europe. Ils ont besoin de produits de garanties, car ce sont des pays où l'on prend peu de risque parce que la perception du risque y est surévaluée. Nous voulons également davantage développer le microcrédit. Les créations d'emplois et la croissance de ces pays dépendent surtout des petites entreprises", déclare M. De fontaine. Les flux croisés entre les deux zones ne vont pas suffisamment à l'investissement productif. Chaque année, les émigrés en Europe, originaires de ces neuf pays, rapatrient 16 à 18 milliards d'euros chez eux autant que les recettes du tourisme ! Mais cet argent sert essentiellement à aider leur famille ou à acheter une résidence secondaire. Moins de 10% va à l'entreprise. Dans l'autre sens, 30 milliards d'euros d'épargne (l'argent du gaz, du pétrole…) quittent chaque année la Méditerranée pour l'Europe. Il faut que cet argent reste dans les pays du Sud et soit davantage investi dans ces économies. Pour y arriver, la BEI devra  jouer sur trois leviers : il faut favoriser les coopérations bancaires transnationales, bancariser les migrants et leurs familles, et ouvrir les marchés des capitaux locaux à des non-résidents pour moderniser le marché et fixer l'épargne.  La Commission européenne prépare un Small Business Act pour les PME européennes. Le Small Business Act (SBA) intégrera la Banque européenne d'investissement et sa filiale dédiée aux PME, le Fonds européen d'investissement : notre action va donc voir son effet renforcé par les mesures de simplification administrative, juridique et fiscale que le SBA va introduire en faveur des PME. Celles-ci doivent savoir qu'elles peuvent compter sur le soutien financier de l'Europe ! Avec 7,4 milliards d'ici à 2007, La BEI dispose d'importants moyens financiers au bénéfice des PPM : soit 6,4 milliards au titre du mandat conféré par l'Union, et 1 milliard au titre de la "Facilité Euro-Méditerranée" créée par la BEI à la suite du Conseil européen de Nice (décembre 2000) pour des projets d'envergure régionale (énergie, communications, environnement).

Salima Zouggar 

23 - Tunisie : Zone de libre échange frontalière avec l’Algérie.

Source : Al moujahid.

Les diverses structures maghrébines sont intéressées par la coopération maghrébine et s’y engagent. Les responsables des Chambres de commerce et d'industrie d’Annaba (Algérie) et de Gafsa (Tunisie), viennent d’avoir de débattre de l'accélération de la création d'une zone maghrébine de libre- échange, à la faveur d'une visite de travail d'une délégation  d'hommes d'affaires tunisiens.

Les responsables des deux structures tunisienne et algérienne  ont convenu du caractère stratégique d’un tel projet pour le développement de la coopération économique et commerciale entre les deux pays à l'heure des regroupements régionaux et de la mondialisation.

24 - Invest In Med, un catalyseur d’initiatives

http://www.animaweb.org

Le programme Invest In Med sera officiellement lancé le 2 juin à Marseille, lors de la signature du protocole de coopération entre quatre grands réseaux d’acteurs euro-méditerranéens du développement économique - ANIMA Investment Network, Business Med, Eurochambres, ASCAME- et leurs partenaires l’établissement public Euroméditerranée, GTZ et ONUDI.

En associant à travers ces réseaux plusieurs centaines de partenaires du pourtour méditerranéen, cet important programme agira comme un catalyseur d’initiatives porteuses d’un rapprochement des économies des deux rives. Ces acteurs sont d’ores et déjà invités à collaborer les uns avec les autres pour proposer la mise en œuvre de projets à fort impact pour le développement économique de cette région, en s’appuyant sur les outils qui seront subventionnés par le projet – rencontres d’affaires, assistances techniques, formations et ateliers, échanges de personnel, études, etc.

Invest In Med souhaite ainsi augurer une nouvelle forme de partenariat : initier quand c’est nécessaire, appuyer, faire le lien entre les acteurs du développement publics et privés des deux rives, en leur laissant ensuite la liberté et la responsabilité de pérenniser les initiatives qui le mériteront. Cette newsletter remplace le ANIMA Biz Board et continuera ainsi à promouvoir toute activité bénéfique pour le rayonnement, le développement et la sécurisation de l’économie de la Méditerranée, qu’elle émane ou non du projet Invest In Med.

L’équipe Invest In Med

3 – GÉOPOLITIQUE

31 - La Grèce, une future province allemande ?

Par Loreleï le vendredi, mai 30 2008,

On connaissait les colonies de touristes allemands au bronzage incandescent sur les plages grecques, il semble à la lecture des journaux parus les dernières semaines qu’un autre type de colonie allemande est à craindre sur le territoire hellène. Elle prendra cependant la forme, non de casquettes et de sandales à fortes semelles, mais de capitaux et d’actions. Expliquons-nous.

Le ministre grec de l’économie, M. Alogoskoufis, a révélé jeudi 29 mai à l’Assemblée le contenu de l’accord passé entre la société grecque de télécommunication OTE et le groupe Deutsche Telekom. Il s’agit, ni plus ni moins, d’une accentuation de la privatisation de l’”organisme de télécommunication grec” (=OTE). L’Etat a cédé encore dernièrement 5 % de sa participation à la gestion de la société pour se trouver à 28% de part de l’OTE. Cela a bien sûr suscité la convoitise d’investisseurs privés, dont un certain Viénopoulos, mis cependant hors d’état d’agir par le gouvernement grec (voir Ta Nea du 28 mai). Et c’est donc l’investisseur allemand qui a obtenu la part du lion.

Le journal Ta Nea nous livrait jeudi la primeur des clauses du contrat. Le ministre a assuré que les missions de l’OTE restent celles d’un service public sur tout le territoire grec et qui doit, en cas de besoin, être mise au service de la défense et de la sécurité du pays; son siège restera en Grèce. Le comité de gestion sera composé pour moitié de représentants grecs et pour moitié de représentants de Deutsche Telekom. Le président sera choisi par la partie grecque, mais son rôle, conformément à la loi sur les sociétés anonymes, ne comprendra pas le pouvoir exécutif, lequel reviendra au conseiller exécutif choisi par la partie allemande.

Ces derniers aspects ne risquent pas de satisfaire les opposants au projet. Déjà dans l’édition du 06 mai d’Eleftheros Typos, on pouvait lire les réactions indignées de plusieurs responsables syndicaux et politiques. Le thème de la nation est prépondérant dans leurs propos. Le président du parti de gauche radicale SYN s’écrie: “Au train où vont les choses, on verra bientôt le drapeau allemand hissé sur le toit du palais Maximou (siège du gouvernement grec)”. Le président du syndicat GSEE Giannnis Panagopoulos s’insurge:" “La vente de l’OTE (…) constitue non seulement un scandale, mais encore un véritable crime contre l’Etat”. Quelques jours plus tard, dans le même journal, le président de LAOS (parti du Rassemblement populaire orthodoxe) M. Karatzaféris s’exclame: “Les deux grands partis politiques grecs ont décidé de faire de la Grèce une province allemande: le PASOK a donné l’aéroport, la Nouvelle Démocratie les télécommunications”.

Il faut également relever des voix plus modérées qui tentent d’analyser cette privatisation à l’aune du grand marché européen. Kostas Iordanis, dans Kathimerini'' du du 25 mai, par exemple, tente de se faire une raison: “(…) La Grèce appartient à la zone euro. L’intégration complète de notre pays au noyau dur de l’Union signifie en langage clair qu’il n’y a plus de capitaux “ennemis” ou “étrangers” qui tiennent dès lors que ces capitaux viennent de pays-membres de la zone euro. Avec l’adoption de l’euro, l’économie a perdu son caractère national et les gouvernements leur capacité à manoeuvrer seuls dans le domaine économique.” C'est aussi le message que veut faire passer le gouvernement par la voix de son ministre de l'économie: "l'OTE fonctionne dans un cadre concurrentiel et de mondialisation du marché. La collaboration avec l'organisme de télécommunication le plus puissant en Europe va renforcer l'OTE à la fois sur le plan technologique et sur le plan économique". (voir Eleftheros Typos'' du 14 mai).

Parmi les clauses qui ont été présentées aux députés rassemblés place Sintagma jeudi 29 mai, deux peuvent cependant faire figure de compensations pour la partie grecque (il y en a en fait d’autres, mais j’ai délibérément effectué cette sélection très subjective) ; elles permettent aussi une meilleure compréhension de l’affaire à un niveau européen. Tout d’abord, le conseiller exécutif choisi par la partie allemande devra répondre au critère linguistique suivant: savoir parfaitement communiquer en langue grecque. Ce point doit nous interroger, et peut-être nous faire espérer que les conseils d’administration de la société se dérouleront en grec, et non dans un anglais international de business. Il risque cependant de limiter les candidatures, à moins qu’il ne favorise au contraire le développement de l’enseignement du grec dans les milieux d’affaires – ce serait une bonne nouvelle ! Par ailleurs, le contrat oblige Deutsche Telekom à “ne pas développer d’activités concurrentielles contre l’OTE en Albanie, en Bulgarie, en Roumanie et en Serbie, de même qu’en République de Macédoine où elle est déjà présente”. Voici donc représentées les zones d’influence économique de la Grèce, qui, au-delà des frontières de l’Europe, et, on le note aussi, au-delà des conflits diplomatiques, doivent rester une chasse gardée hellène. De fait, comme le constate amèrement le secrétaire général du PASOK “si l’OTE, jusqu’à maintenant, achetait des sociétés de communications dans les Balkans, elle se fait aujourd’hui elle-même acheter”.

Certes, mais les dirigeants grecs ne semblent pas encore décidés à lâcher le juteux marché balkanique, déjà très rentable pour l’exportation de produits alimentaires : Ta Nea consacrait dernièrement un article sur les exportations de charcuterie grecque vers les Balkans, en particulier vers la Roumanie et Bulgarie, qui stimulent fortement les producteurs et commerciaux grecs.

Téléphone allemand contre jambon grec: un point partout.

32 - L'Algérie et la France signeront un accord cadre de coopération nucléaire

ALGER - L'Algérie et la France signeront un accord-cadre de coopération dans l'énergie nucléaire à l'occasion de la visite à Alger du Premier ministre français, François Fillon, les 20 et 21 juin, a annoncé le ministre algérien de l'Energie Chakib Khelil.

M. Khelil


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